Des employés du secteur pétrolier, exerçant principalement dans les sociétés de prestation de services, ont annoncé samedi à Port-Gentil la création depuis le siège de l’Organisation nationale des employés du pétrole (ONEP) d’un mouvement dénommé « SOS Pétroliers ». Objectif affiché : défendre des intérêts qu’ils estiment gravement bafoués par les sociétés de mise à disposition du personnel et, plus largement, par certaines entreprises pétrolières qu’ils accusent d’« exploitation ».
Le collectif se veut une réplique de SOS Éducation, mouvement d’enseignants apparu récemment et inspiré du modèle des gilets jaunes en France. Dédié exclusivement à la satisfaction des revendications du corps enseignant, SOS Éducation s’est distingué par l’absence de leadership formel et par sa capacité à mettre l’administration sous pression.
Le succès de ce mouvement a manifestement fait école. Des salariés de plusieurs secteurs, lassés des syndicats traditionnels — soupçonnés, à tort ou à raison, de collusion ou de corruption — ont décidé de s’en affranchir pour espérer obtenir une prise en compte réelle et intégrale de leurs revendications.
Dans le secteur pétrolier, les agents de la sous-traitance dénoncent depuis des années la précarité de l’emploi, le non-respect du Code du travail et ce qu’ils qualifient de spoliation de revenus par les sociétés de mise à disposition du personnel, accusées de « se sucrer » sur leur dos. Selon eux, leurs multiples revendications sont restées lettre morte, en raison d’un système opaque qui protégerait des intérêts haut placés, imposant une véritable omerta sur leur statut professionnel.
« Les travailleurs sont épuisés, trahis, baladés par des promesses qui ne voient jamais le jour », écrivaient-ils déjà en novembre dernier, avant de lancer un retentissant : « Ça suffit ! »
À travers la création de SOS Pétroliers, les initiateurs du mouvement entendent redonner vigueur et crédibilité à leur combat pour une plus grande justice sociale dans un secteur stratégique et vital pour l’économie nationale.
Antoine Relaxe
