Libreville : la rareté des maisons à louer inquiète les habitants

Trouver une maison à louer à Libreville relève aujourd’hui d’un véritable parcours du combattant. Dans la capitale gabonaise, la pression sur le marché locatif ne cesse de croître, avec une demande qui explose face à une offre de plus en plus limitée.  Dans les quartiers populaires, les zones périphériques, même les habitations modestes se font rares. La situation est difficile pour de nombreuses familles à la recherche d’un logement décent.

 « Cela fait plus de trois mois que je cherche une maison à louer pour ma famille, mais soit les prix sont trop élevés, soit les logements sont déjà pris. C’est devenu épuisant », témoigne Mireille, une mère de trois enfants rencontrés à Nzeng-Ayong, le plus grand quartier de Libreville.  

Comme elle, plusieurs locataires se retrouvent contraints de prolonger leur séjour chez des proches ou dans des logements temporaires à des conditions peu avantageuses. La montée des prix aggrave la situation. Là où l’on pouvait trouver une maison de trois chambres à 120 000 francs CFA il y a quelques années, il faut désormais compter entre 180 000 et 250 000 francs CFA dans certaines zones.

« Il y a un vrai déséquilibre, les propriétaires fixent leurs tarifs sans véritable contrôle et les plus modestes n’ont plus de place », déplore Didier, jeune salarié. Certains agents immobiliers, eux-mêmes débordés, reconnaissent la tension du marché.

« Nous recevons plusieurs demandes par jour mais nous n’avons pas de maisons disponibles à proposer. Dès qu’un logement est libre, il est réservé dans l’heure », explique Rose, gestionnaire dans une agence de la zone d’Okala.

À cette crise de l’offre s’ajoutent parfois les exigences élevées de certains bailleurs : avance de trois mois, cautions importantes, ou refus de louer aux célibataires. Des pratiques qui excluent une partie importante de la population active.

Face à cette situation, de nombreuses voix appellent à une régulation plus ferme du secteur locatif, ainsi qu’à des incitations à la construction de logements abordables. En attendant, pour beaucoup de Gabonais, chercher une maison reste un défi quotidien, entre espoir, frustration et résignation.

Darene Mabelle Ayingone

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error

Vous aimez l'article? Merci de le partager.