Grève dans les écoles : Camélia Ntoutoume Leclercq déjà dans l’urgence

C’est un retour à la fois attendu et chargé de défis pour Camélia Ntoutoume-Leclercq, reconduite à la tête du ministère en charge de l’Éducation nationale, en qualité de ministre d’Etat, lors du remaniement du 1er janvier 2026. L’élue du 1er arrondissement de Ntoum (près de Libreville) à l’Assemblée nationale, retrouve un ministère qu’elle connaît bien, mais dans un contexte délicat, marqué par une nouvelle vague de tensions sociales qui paralysent l’école gabonaise depuis ce lundi. C’est dire si l’ancienne et nouvelle ministre n’est pas contrainte de marcher sur des charbons ardents, à considérer la détermination et le ‘’jusqu’auboutisme’’ affichés cette fois-ci par les syndicats du secteur.

À peine installée, la ministre est confrontée à une crise syndicale majeure. A la date officielle de la reprise des cours ce lundi, les syndicats des enseignants remettent le couvert, annonçant la relance du mouvement de grève. Plus qu’une simple annonce, la menace d’avant la trêve festive de fin d’année est mise à exécution paralysant l’école gabonaise, dans un mot d’ordre largement suivi par la base.

Les revendications, portées par le collectif SOS Éducation, la Conasysed et le Séna, sont claires et déjà bien connues : régularisation des situations administratives, revalorisation salariale, amélioration des conditions de travail et respect des engagements pris par les autorités.

La trêve n’aura donc été qu’un court répit et la nouvelle-ancienne patron ne bénéficiera d’aucune mesure de grâce. Les tensions reprennent de plus belle, alimentées par un climat de frustration accumulée au sein du corps enseignant, qui dénonce un manque de volonté politique à résoudre durablement les problèmes structurels du secteur.

L’exigence de pragmatisme et de vérité

Le temps joue vraisemblablement contre Camélia Ntoutoume-Leclercq. Il faudra agir vite, rétablir la confiance et contenir la colère avant que l’année scolaire ne soit irrémédiablement compromise. A-t-elle tous les leviers en mains ? On peut en douter, d’autant la grogne tend à gangréner le corps social, dans un contexte économique et financier particulièrement tendu.

Sa connaissance approfondie du ministère, des dossiers en souffrance, mais aussi des différents partenaires sociaux pourrait lui permettre de renouer le fil du dialogue, autant que faire se peut et surtout de proposer des solutions réalistes et réalisables dans le court terme. Les personnels enseignants n’en attendent pas moins.

Les attentes sont immenses et les aspirations sont légitimes. Les élèves, déjà victimes de multiples perturbations récurrentes ces dernières années, ainsi que des conditions d’apprentissage laborieuses, méritent un environnement éducatif stable et apaisé. Quant aux enseignants, ils attendent des actes concrets, non plus de simples promesses.

Dans ce climat d’urgence, en tout et pour tout, la ministre devra apprendre à jongler entre négociations sociales et gestion administrative, avec pour seule boussole l’intérêt supérieur de l’école gabonaise. Le pari est loin d’être simple, mais il est crucial d’y tenir bon pour la stabilité du système éducatif national et l’apaisement du front social en ébullition.

M.-O. Mignonne et Darène Mabelle Ayingone

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