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Le président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, est arrivé au Congo-Brazzaville à la tête d’une importante délégation, composée d’officiels et de « sages », selon des images qui circulent sur les réseaux sociaux.
Officiellement, il est allé se recueillir et déposer une gerbe de fleurs sur la tombe d’Edith Lucie Bongo Ondimba, ancienne première dame du Gabon, inhumée à Oyo, fief familial de Denis Sassou Nguesso, dans le nord du Congo. Fille du président congolais et épouse d’Omar Bongo Ondimba, elle est décédée en 2009. Elle incarne le lien étroit qui unit les deux familles.
Oligui Nguema et sa délégation ont été tout de suite reçu par le président congongolais Denis Sassou Nguesso.
Le chef de l’État gabonais est notamment accompagné de Marie-Madeleine Mborantsuo, réputée pour ses talents de négociatrice et considérée comme une figure tutélaire de l’appareil d’État gabonais. La délégation compte aussi le banquier et homme d’affaires Henri-Claude Oyima, qui a ses entrées au palais présidentiel congolais ainsi que des figures bien connues du Haut Ogooué, province natale d’Omar Bongo.
Ce déplacement, un jour de Toussaint, semble aussi offrir l’occasion de régler les différends « en famille ». Un coup de froid est en effet survenu récemment entre Libreville et Brazzaville à propos du dossier des « biens mal acquis » en France.
Le 8 septembre, les avocats de l’État gabonais ont transmis au juge d’instruction un mémoire contenant leurs observations sur la suite de l’affaire. Ce dossier éclabousse à la fois la famille de l’ancien président Omar Bongo Ondimba et celle de Denis Sassou Nguesso.
Selon Africa Intelligence, ces avocats auraient demandé le jugement d’Antoinette Sassou-Nguesso, épouse du président congolais. Plusieurs analystes y ont vu une provocation orchestrée par le jeune président gabonais.
Libreville assure pourtant n’avoir ajouté aucun nom au dossier et ne réclamer le procès de personne. Toujours selon Africa Intelligence, le mémoire aurait ensuite été remanié pour apaiser Denis Sassou-Nguesso, qui y avait vu une attaque directe.
L’affaire des biens mal acquis est née de plaintes déposées en 2007 et 2008 contre les familles de trois chefs d’État africains : Omar Bongo, Denis Sassou Nguesso et Teodoro Obiang. Elle vise un patrimoine considérable acquis en France avec de l’argent public présumé détourné.
Contrairement au Congo et à la Guinée équatoriale, le Gabon a obtenu le statut de partie civile. Il l’a obtenu en 2023, et il entend obtenir réparation.
Carl Nsitou
