Présidence du PDG : « J’y suis et j’y reste, ma mission n’est pas terminée », les autres sont des ‘’imposteurs’’ (Ali Bongo)

Ali Bongo Ondimba, capture d’écran sur Gabon Média Time @ DR

Dans une déclaration diffusée, comme celle du 19 septembre dernier, par nos confrères de Gabon Média Time, l’ancien président de la République, Ali Bongo Ondimba, a publiquement désavoué ses anciens camarades ‘’installés de fait’’ à la tête de l’ancien parti au pouvoir, le Parti démocratique gabonais (PDG), fondé en 1968 par son père, feu le président Omar Bongo Ondimba. « Je vous le dis clairement et calmement, je ne renonce pas à la vie politique (…) Je suis le président actuel du parti démocratique gabonais, désigné et reconduit par nos congrès depuis 2009 et pour la dernière fois, en décembre 2022 », a-t-il martelé.

Dans sa communication, Ali Bongo Ondimba affirme que le moment est venu de redonner un cap au Parti démocratique gabonais, après la confusion et le silence volontairement observé, après la rencontre du 7 mars 2024, avec les membres de la hiérarchie du parti, à son domicile de la Sablière ; alors qu’il était tenu en « résidence surveillée », a-t-il fait savoir.  

Plus significatif, Ali Bongo Ondimba croit déceler de la ‘’félonie’’ chez certains de ses anciens camarades ‘’installés illégalement’’ à la tête du PDG. Ces derniers auraient complètement détourné ses instructions issues de la rencontre du 7 mars 2024, sollicitée par ces hiérarques du parti. Sa liberté était restreinte, alors qu’il fallait assurer la continuité de fonctionnement du parti, a-t-on appris.

« Mes instructions étaient claires : Je demeurais président du Parti. J’ai proposé un dispositif de fonctionnement et des noms. La délégation devait revenir vers moi avec une composition complète, à formaliser ensuite, selon nos procédures. Je n’avais ni démissionné ni autorisé une direction en dehors de nos règles. Des décisions qui ont suivi ne correspondaient pas à mes instructions. C’est là où s’était ouverte la crise », fustige l’ancien chef de l’Etat.

Le PDG, toujours debout

Soupçonnant des manœuvres dilatoires, des pressions et de manipulation du parti par des forces extérieures tapies dans l’ombre, Ali Bongo Ondimba renseigne qu’il n’a pas manqué d’initiatives dans le but de ramener la cohésion au sein de ‘’son parti’’, conformément au crédo cher à son président fondateur : Dialogue – Tolérance – Paix. Ceci, pour ne pas voir le PDG se déchirer devant les tribunaux.

« C’est pourquoi, j’ai invité au début de ce mois le Camarade Blaise Louembé et deux autres camarades de son choix à me rencontrer à Paris, pour construire ensemble une sortie de crise. Ils ne sont pas venus, ils n’ont pas répondu à mon appel. Je vous prends à témoin de cette démarche, de ce silence. Dans nos traditions, on répond à l’appel, répondre n’oblige pas à approuver », fustige Ali Bongo Odimba, qui croit savoir que le droit est de son côté et annonçant avoir adressé une mise en demeure à l’endroit de ces camarades qui « dirigent de fait le parti’ », a-t-il dénoncé.

Ali Bongo Ondimba a pris l’engagement que le PDG ne mourra pas et que nul ne doit compter sur son silence ou son retrait. De même que le président déchu dédramatise les propos alarmistes tendant à affirmer que le parti serait à court de financements pour assurer son fonctionnement. « C’est un mensonge », clame-t-il.

Le PDG, une hydre à deux têtes

Blaise Louembé et le logo officiel du PDG @ DR
Blaise Louembé et le logo officiel du PDG @ DR

‘’Chassé’’ du pouvoir par les armes qui ont porté les militaires et le Général Brice Clotaire Oligui Nguéma à la présidence, après 55 ans de règne, le Parti démocratique gabonais traverse une crise sans précédent, scindé en deux tendances qui se disputent la direction du parti.

Il s’agit de la frange (proche du pouvoir) menée par les anciens ministres Blaise Louembé et Angélique Ngoma, respectivement faits président et secrétaire général du parti, à l’issue du congrès de février 2025. Ce courant a soutenu la candidature de l’actuel chef de l’Etat, Brice Clotaire Oligui Nguéma, lors de la présidentielle d’avril de la même année.

L’autre branche du PDG dite ‘’loyaliste et légaliste’’ est dirigée par Ali Bongo Ondimba et se réclame ouvertement de l’opposition. L’ancien président déchu, a jeté son dévolu sur l’ancien ministre, Ali Akhbar Onanga Y’Obégué, en qualité de secrétaire général. Ali Bongo Odimba vit actuellement en exil, entre Paris et Londres.

Alph ’-Whilem Eslie

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