Une vingtaine de journalistes francophones, dont une dizaine de Gabonais, participent depuis jeudi en Chine à une formation de 20 jours destinée aux « journalistes renommés des pays francophones ».
Le séminaire réunit des reporters venus du Gabon, de la Guinée-Conakry, du Tchad et de La Réunion. Il est organisé par le Centre de formation du Groupe de communication internationale de Chine (CICG IISAT), fondé en 1964 et placé sous la tutelle du ministère chinois du Commerce.
La première partie du programme se tient à Beijing, avant de se poursuivre à Guiyang, capitale de la province du Guizhou, dans le sud-ouest du pays.
Les travaux porteront notamment sur la situation de la Chine et sa culture, innover pour bien raconter l’histoire de la coopération sino-africaine, l’Afrique vue par CGTN, le développement de la modernisation à la chinoise et la coopération internationale… Ces travaux dans des salles seront suivis des visites de terrain pour plonger les séminaristes au cœur du miracle chinois en matière de développement.
Une coopération en plein essor
La formation s’inscrit dans le cadre de relations de plus en plus étroites entre Beijing et le continent africain. Le Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC), lancé en 2000, structure ces échanges. Lors du sommet de Beijing en septembre 2024, la Chine a annoncé une enveloppe de 360 milliards de yuans (environ 50 milliards de dollars) de financements sur trois ans. Les échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique dépassaient 290 milliards de dollars en 2024, selon les données officielles chinoises.

Les payas qui participent à ce séminaire entretiennent d’excellentes relations de coopération bilatérale avec la Chine. Le Gabon et la Chine, par exemple, entretiennent des relations diplomatiques depuis 1974. Pékin est un partenaire commercial majeur de Libreville, notamment pour le manganèse, le pétrole et le bois. Des entreprises chinoises ont participé à plusieurs grands chantiers de construction de routes, des stades et des palais.
La Guinée, pour sa part, a établi des liens avec la Chine dès 1959. Le pays est l’un des principaux fournisseurs de bauxite de Pékin et héberge le gigantesque projet de minerai de fer de Simandou, auquel participent des groupes chinois.
Le Tchad a rétabli ses relations diplomatiques avec la Chine en 2006. Le géant pétrolier CNPC y est implanté de longue date, notamment dans l’exploitation pétrolière.
La Réunion, département français d’outre-mer, relève de la diplomatie de Paris. L’île abrite une communauté d’origine chinoise installée de longue date.
Le Guizhou, vitrine de l’économie numérique en ligne de mire
Les reporters seront invités à découvrir la province du Guizhou située dans une région de montagnes et de plateaux calcaires avec une population de quelque 38 millions d’habitants.
Selon l’avant-goût donné aux séminaristes lors des premières conférences à Pékin, la province du Guizhou, a longtemps figuré parmi les plus pauvres de Chine. Elle a depuis fait de l’économie numérique son principal levier de développement. Guiyang, sa capitale, accueille depuis 2015 l’Exposition internationale des mégadonnées et abrite de nombreux centres de données de groupes chinois et étrangers. La région a été désignée zone pilote nationale pour les mégadonnées en 2016.
Le Guizhou est aussi la terre du Moutai, l’alcool de sorgho le plus prisé de Chine, produit à Renhuai. Son sous-sol est riche en charbon, en phosphate, en bauxite et en manganèse. La province mise également sur le thé, le tourisme, notamment les paysages karstiques et la chute de Huangguoshu, ainsi que sur de grands ouvrages d’infrastructure, dont plusieurs des ponts les plus hauts du monde. Elle abrite enfin FAST, le plus grand radiotélescope à antenne unique de la planète.
Yves Laurent Goma, envoyé spécial
