IA : les startups gabonaises mettent leurs besoins sur la table

Les experts du Hub AI du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) ont échangé ce jeudi 1er octobre 2026 avec des startups et acteurs de l’innovation gabonais à la Maison Verte du PNUD, à l’entrée du Tropicana, à Libreville. Cette rencontre consacrée à l’écosystème entrepreneurial intervient dans le cadre des travaux de préparation de la future stratégie nationale d’intelligence artificielle du Gabon.

La séance avait pour objectif de mieux connaître les entreprises qui développent ou utilisent des solutions basées sur l’intelligence artificielle. Les échanges devaient notamment permettre d’évaluer leur niveau de maturité, leurs domaines d’intervention et les difficultés auxquelles elles font face.

« Il s’agit de comprendre le niveau de maturité de toutes ces entreprises, de voir dans quels domaines elles opèrent et comment le PNUD et le ministère peuvent les accompagner », explique Yangari, conseiller technique du ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation.

Parmi les besoins évoqués figurent les compétences, la cybersécurité, mais aussi l’accès à une puissance de calcul suffisante. Pour plusieurs jeunes entreprises, le manque de serveurs capables de traiter d’importants volumes de données constitue un frein au développement des solutions d’intelligence artificielle. Des programmes d’accompagnement sont ainsi prévus autour de ces questions, avec l’appui de partenaires comme Amazon Web Services et Microsoft Azure.

La rencontre constitue aussi une étape de sélection. Les startups, sociétés et entrepreneurs intéressés ont été invités à manifester leur intérêt auprès du PNUD. Les structures retenues pourront ensuite intégrer différents programmes d’accompagnement, avec pour objectif de renforcer leurs solutions, leur permettre de mieux se déployer et, à terme, faciliter leur accès aux marchés internationaux.

Parmi les participants figure Sonia Ntsame Essono, responsable de Redress, une marketplace consacrée à la vente de produits de seconde main entre particuliers. Disponible sur les plateformes mobiles et sur le web, la solution vise également à faciliter les échanges entre plusieurs pays d’Afrique francophone. Pour sa dirigeante, l’accompagnement technique représente un enjeu important, au même titre que l’accès au financement et aux réseaux capables d’aider les jeunes entreprises à franchir de nouvelles étapes.

De son côté, Jannaï Richardet, créateur de Nexus AI, travaille sur un modèle d’intelligence artificielle conçu pour répondre davantage aux réalités africaines. Sa solution, actuellement en développement, doit notamment intégrer des données et des ressources locales afin de proposer des usages adaptés au quotidien des utilisateurs africains. Le jeune entrepreneur pointe toutefois un besoin immédiat de puissance informatique pour accélérer l’entraînement de son modèle.

Au-delà du financement, les startups attendent donc des solutions concrètes pour renforcer leurs capacités techniques, sécuriser leurs outils et développer leurs propres technologies. Ces échanges avec l’écosystème entrepreneurial doivent permettre au PNUD et au ministère de mieux cerner les besoins du terrain et d’intégrer les préoccupations des acteurs privés dans la réflexion autour de la future stratégie nationale d’intelligence artificielle.

Stone Ferrari Mikala et Christina Thélin Ondo

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