Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema s’est entretenu jeudi à Port-Gentil, capitale économique du Gabon, avec une délégation du Fonds monétaire international (FMI), a annoncé la présidence gabonaise dans un communiqué.
Selon le communiqué, la rencontre est la poursuite des travaux engagés entre l’institution de Bretton woods et les autorités de Libreville sur la situation de l’endettement du pays.
Les échanges ont porté « sur l’évaluation de la situation réelle de l’endettement du Gabon » et sur « la poursuite des travaux techniques menés avec les experts du ministère de l’Economie et des Finances ». Cette démarche vise, précise le texte, à « consolider la fiabilité des données relatives aux finances publiques », à « rapprocher les différentes évaluations disponibles » et à parvenir à « une lecture partagée de la situation financière du pays ».
La rencontre s’inscrit, selon la présidence, « dans un contexte de poursuite des discussions entre le Gabon et le FMI sur les réformes économiques et budgétaires ainsi que sur les conditions d’une trajectoire soutenable des finances publiques ».
Pour le chef de l’Etat, cité dans le communiqué, l’enjeu reste « une gestion fondée sur la transparence, la sincérité des comptes publics et la maîtrise durable de l’endettement », tout en préservant « les capacités de l’Etat à financer les priorités de développement ».
Les relations entre Libreville et le FMI se sont intensifiées depuis le début de l’année. En février, le président Oligui Nguema avait fixé pour objectif la conclusion d’un accord avec l’institution avant le mois de mai. Il avait aussi retenu quatre principes qu’il avait qualifiés d’« intangibles », parmi lesquels la protection des ménages vulnérables et une gestion « proactive et responsable » de la dette publique.
Ce calendrier n’a toutefois pas été tenu. Le président gabonais a choisi de temporiser au printemps, exigeant au préalable un audit complet de la dette publique avant tout engagement dans un nouveau programme, alors que la dette publique gabonaise avoisine 80% du produit intérieur brut du pays.
En juin, devant le Parlement réuni en congrès, le président avait évoqué l’encours de la dette hérité, selon lui, de l’ancien régime, tout en écartant l’hypothèse d’un plan d’austérité pour le pays.
La rencontre de jeudi confirme la poursuite d’un dialogue technique entre Libreville et l’institution de Bretton Woods, dont l’issue — la signature d’un programme économique et financier — reste, à ce stade, sans date arrêtée.
Marie Dorothée
