Gabon Drone Expo : réglementation et opportunités économiques autour des drones

L’amphithéâtre de l’École normale supérieure accueille, du 24 au 25 septembre 2026, la première édition du « Gabon Drone Expo », placée sous le thème « Le drone au service du développement : accélération de la croissance économique ». La rencontre réunit notamment l’Agence nationale de l’aviation civile (ANAC) et l’Agence gabonaise d’études et d’observations spatiales (AGEOS) autour de la réglementation et des perspectives économiques liées aux aéronefs sans pilote.

Lors du panel consacré à la réglementation, les intervenants ont rappelé que le drone, également désigné RPAS (Remotely Piloted Aircraft System), est considéré comme un aéronef et évolue dans un espace partagé avec l’aviation civile. Son utilisation est donc soumise à des règles de sécurité destinées à prévenir les collisions, les perturbations du trafic aérien et les incidents en zone urbaine. Après une période marquée par l’absence d’un cadre spécifique, la réglementation gabonaise s’est progressivement structurée à partir de 2016, notamment sous l’influence des normes de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI). Le cadre actuel repose principalement sur le décret n°338, dans l’attente de la mise en application du nouveau Règlement aéronautique gabonais (RAG 4.5), actuellement en cours de finalisation.

Pour exploiter légalement un drone, trois principales démarches auprès de l’ANAC ont été rappelées : l’identification et le recensement de l’appareil, la demande d’autorisation d’exploitation et, pour les opérations à proximité de zones sensibles ou aéroportuaires, la coordination du trafic aérien à travers la publication d’un NOTAM. Pour les appareils de plus de 25 kg, une étude de sécurité spécifique est requise. L’ANAC encourage également l’utilisation de dispositifs de géorepérage (géofencing) et le renforcement de la formation des télépilotes aux règles de circulation aérienne. Des exigences qui accompagnent le développement des usages professionnels du drone et la volonté de mieux encadrer une activité appelée à se développer au Gabon.

Au-delà de la réglementation, l’AGEOS a mis en avant le potentiel économique et stratégique de ces aéronefs. Utilisés en complément de l’imagerie satellitaire, notamment dans les zones équatoriales caractérisées par une forte couverture nuageuse, les drones peuvent contribuer à la surveillance de l’orpaillage et de l’exploitation forestière illégale, au suivi des chantiers d’infrastructures et à l’observation des écosystèmes marins.

D’autres applications sont envisagées dans l’agriculture de précision, la cartographie ou encore l’acheminement de matériel médical et de poches de sang vers des zones enclavées. Autant de débouchés susceptibles de favoriser l’émergence de nouveaux métiers et d’activités entrepreneuriales pour les jeunes.

Betines Makosso

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