Séquences de la réunion des experts sur les Systèmes d’information énergétique dans l’espace CEMAC / Gabonactu.com
Ouverture ce lundi à Libreville, des travaux de la réunion des experts, prélude à la réunion ministérielle de haut niveau consacrée à la mobilisation des ressources pour la mise en œuvre des plans d’action relatifs aux Systèmes d’Information Énergétique Nationaux (SIEN) et sur la mise en place d’un système d’information énergétique dans les pays membres de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC). Organisés en partenariat avec la Commission Africaine de l’Energie (AFREC), les travaux de Libreville entendent renforcer la production, la gestion et la circulation des données dans le secteur énergétique dans la sous-région.

Pendant trois jours, les experts des administrations de l’énergie, des instituts nationaux de statistique, de la Commission africaine de l’énergie, ainsi que des partenaires techniques et financiers doivent examiner les diagnostics et plans d’action nationaux déjà élaborés. L’objectif est de parvenir à un dispositif régional harmonisé, capable de faciliter la collecte, le traitement, la validation et la diffusion des données énergétiques.
Pour les experts, les États membres disposent déjà d’importantes données sur l’électricité, les hydrocarbures, la biomasse, les énergies renouvelables, les infrastructures, les prix, la consommation et les échanges. Toutefois, ces informations demeurent dispersées entre plusieurs administrations et opérateurs, avec des méthodes, nomenclatures et circuits de validation qui ne sont toujours pas harmonisés et actualisés.
« Notre responsabilité est de transformer cette base de travail en un dispositif opérationnel, financé et durable », a souligné Nicolas Beyeme Nguéma, Commissaire Département politique, économique, monétaire et financier (DPEMF) de la CEMAC.
Au-delà de la simple création d’une base de données, le futur système régional devra assurer une meilleure circulation de l’information entre les systèmes nationaux, la Commission de la CEMAC et le système continental. Les États resteront producteurs et responsables de leurs données, tandis que le niveau communautaire devra garantir les standards communs, la consolidation et la comparabilité des informations.
Coopération et souveraineté
La rencontre de Libreville intervient après une mission de benchmarking effectuée du 5 au 7 avril 2026 à Alger. Cette mission avait notamment permis aux représentants de la CEMAC d’examiner le fonctionnement du système africain d’information énergétique, ainsi que les mécanismes de collecte et de gestion des données mis en œuvre par la Commission africaine de l’énergie.
« AFREC réaffirme sa disponibilité à poursuivre son appui technique et méthodologique tout au long de ce processus », a promi Rashid Ali Abdallah, Directeur exécutif d’AFREC.

La question de la souveraineté énergétique occupe également une place importante dans les discussions. La maîtrise des données doit permettre aux États de mieux connaître leurs ressources, leurs besoins, leurs déficits et leurs dépendances afin d’améliorer la planification énergétique et de défendre les priorités de la région dans les négociations internationales.
« Nous sommes convaincus que les différentes expériences de nos États, nos partages des acquis, les difficultés et les solutions permettront de renforcer le dispositif communautaire et d’accélérer la mise en œuvre du CIE CEMAC », a affirmé Léandre Emmanuel Bouloubou, Secrétaire général du ministère en charge de l’énergie au Gabon.
La réunion des experts doit déboucher sur la production d’un rapport consolidé, des plans d’action nationaux clarifiés et budgétisés, un dispositif communautaire finalisé, ainsi qu’une feuille de route régionale avec des échéances et des indicateurs de performance. Un projet de déclaration ministérielle doit également être préparé en vue de la réunion ministérielle de haut niveau, prévue ces 24 et 25 septembre.
Alph ’-Whilem Eslie et Frida Dodo
