Le journaliste Médard Tounda Youbi © DR
Le journaliste gabonais Médard Tounda Youbi a été libéré vendredi de la Prison centrale de Libreville, après trois mois et vingt-deux jours de détention préventive, a annoncé le Réseau national des journalistes indépendants (RENAJI).
Dans un communiqué signé par la cheffe de cabinet de son président, Annie Ginette Mapangou, l’organisation professionnelle dit accueillir cette libération avec « une immense joie, un profond soulagement et une particulière émotion ». Le texte ne précise pas les motifs de la détention du journaliste ni les circonstances de sa libération.
Selon des informations diffusées précédemment par le RENAJI, le journaliste aurait été incarcéré suite à des publications jugées « hostiles » contre le ministre du Commerce, Zenab Gninga Chaning.
Le RENAJI présente cet événement comme un moment de soulagement « pour sa famille, ses proches, ses confrères et, plus largement, pour l’ensemble de la communauté professionnelle des médias ». L’organisation affirme avoir choisi, pendant toute la durée de la détention, de rester « mobilisé, vigilant et constant », en privilégiant une démarche « responsable, respectueuse des institutions et fondée sur le dialogue ».
Le réseau professionnel a adressé sa gratitude à l’ensemble des confrères et partenaires ayant contribué, selon ses mots, à « maintenir la mobilisation » et à accompagner la famille du journaliste durant cette période. Il salue également le rôle de personnes ayant agi « dans la discrétion » pour favoriser une issue apaisée.
Au-delà du soulagement exprimé, le RENAJI dit vouloir tirer de cet épisode une « invitation à poursuivre, avec davantage de détermination et de méthode », sa réflexion sur la protection des journalistes et la prévention des risques liés à l’exercice de la profession. L’organisation réaffirme dans le même temps son « attachement au respect des lois et des institutions de la République ».
Le RENAJI a enfin adressé à son confrère des vœux de « courage, de sérénité et de reconstruction », l’invitant à prendre le temps de retrouver ses proches avant de renouer progressivement avec son activité professionnelle.
Cette annonce intervient dans un contexte où plusieurs organisations professionnelles gabonaises ont, ces derniers mois, exprimé des préoccupations sur les conditions difficiles d’exercice du métier de journaliste dans le pays.
Le Gabon est classé à la 43ème rang mondial sur 180 pays dans le classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF) édition 2026.
Marie Dorothée
