Accident de travail à SIGALLI : six ans d’attente, une employée crie à l’abandon et interpelle le Président Oligui Nguema

La victime de l’accident de travail à SIGALLI, Rose Epongoye assise avec une béquille à côté de  son époux  Jean Dedieu Ogoms Ngombi durant le point de presse © D.R

Victime d’un accident de travail en juillet 2020, Rose Epongoye, épouse Ngombi, affirme vivre un véritable calvaire. Entre douleurs chroniques, procédures judiciaires interminables et absence présumée de prise en charge par son employeur, la Société industrielle gabonaise de laiterie et de liquides (SIGALLI), cette ancienne agente de production dit avoir perdu tout espoir de voir ses droits reconnus. Aujourd’hui, elle en appelle directement au Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema.

« J’implore l’intervention du Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. Je demande simplement justice. Je souhaite être indemnisée afin de pouvoir me soigner dignement. Aujourd’hui, je souffre chaque jour et je me sens abandonnée par mon employeur », a lancé Mme Epongoye Ngombi.  

Employée de la SIGALLI depuis 2012 sous contrat à durée indéterminée (CDI), Rose Epongoye explique que son existence a basculé à la suite d’une chute provoquée par un siège métallique dans les locaux de l’entreprise. Selon son témoignage, cet accident de travail a marqué le début d’une longue descente aux enfers, tant sur le plan physique que social.

Les examens médicaux qu’elle dit avoir effectués feraient état de douleurs articulaires et lombaires persistantes, d’un pincement des vertèbres lombaires, de douleurs aux genoux, ainsi que d’une spondylarthrose et d’une lombarthrose discale débutante. Des pathologies qui, selon elle, l’empêchent désormais d’exercer toute activité professionnelle et nécessitent une prise en charge médicale lourde et continue.

Pourtant, six ans après les faits, Rose Epongoye assure que la SIGALLI refuse toujours d’assumer ses responsabilités. Elle affirme n’avoir bénéficié d’aucune prise en charge médicale de la part de son employeur et indique avoir financé, avec le soutien de son époux, le journaliste reporter à Gabon Télévision Jean Dedieu Ogoms Ngombi, l’ensemble de ses consultations, examens et traitements depuis 2021.

Au-delà de la souffrance physique, la plaignante dénonce un parcours administratif et judiciaire qu’elle qualifie de particulièrement éprouvant. Malgré plusieurs démarches entreprises pour obtenir réparation, elle affirme que toutes ses tentatives sont restées sans résultat. Une procédure engagée devant le tribunal du travail depuis le 22 novembre 2021 n’aurait toujours pas connu d’issue favorable.

Plus grave encore, Rose Epongoye évoque l’existence d’un système de corruption qui, selon elle, empêcherait son dossier d’aboutir. Elle affirme également avoir subi diverses pressions au cours de la procédure, allant jusqu’à la compromission présumée de son propre conseil juridique. Des accusations sérieuses qui, si elles étaient établies, soulèveraient des interrogations sur le fonctionnement de la protection des travailleurs victimes d’accidents professionnels.

À ce stade, la SIGALLI ne s’est pas publiquement exprimée sur les accusations formulées par son ancienne employée. En attendant une éventuelle réaction de l’entreprise ou une décision de justice, Rose Epongoye poursuit son combat avec un seul espoir : que son appel soit entendu et que les responsabilités soient enfin établies.

Antoine Relaxe

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