AFRICA N°1 : La souveraineté du Gabon enfin réhabilitée

Après plusieurs années d’incertitudes sur l’avenir de la radio panafricaine (Africa N°1), le Gabon et la Libye ont conclu, mardi à Libreville, un accord historique, actant le transfert intégral de la propriété du média à l’État gabonais. Selon nos confrères de l’Agence gabonaise de presse (Agp) qui s’en font l’échos, cette décision qui met définitivement fin à la cogestion entre les deux pays et ouvre une nouvelle étape pour cette radio emblématique du continent africain.

L’accord conclu à Libreville apparaît comme l’ultime passerelle vers la relance d’un média historique en perte de vitesse depuis plusieurs années.

Avec le contrôle total désormais entre les mains de l’État gabonais, les autorités ambitionnent d’engager une restructuration en profondeur de la chaîne, notamment à travers la modernisation des équipements, la réorganisation de l’administration et le développement d’une nouvelle stratégie éditoriale adaptée aux réalités numériques actuelles.

Le Gabon entend ainsi renforcer sa souveraineté médiatique dans un contexte où la bataille de l’information et de l’influence devient de plus en plus stratégique sur le continent africain. Les autorités espèrent redonner à Africa N°1 son statut de média de référence, le ‘’tam-tam de l’Afrique’’ et replacer Libreville au cœur du paysage audiovisuel panafricain.

Cet accord est la résultante des discussions engagées depuis plusieurs mois entre les parties gabonaise et libyenne et a permis d’aboutir à un consensus sur la reprise complète de la chaîne par le Gabon. Les échanges ont été conduits côté gabonais par le ministre de la Communication et des médias, Germain Biahodjow.

Pour Libreville, cette reprise dépasse le simple cadre administratif. Les autorités y voient la récupération d’un patrimoine médiatique stratégique qui a profondément marqué l’histoire de l’information en Afrique francophone. Pendant plusieurs décennies, Africa N°1 s’est imposée comme l’une des principales voix du continent, avec une audience dépassant largement les frontières gabonaises.

Prochaine étape, le Conseil d’administration d’Africa N°1, prévu dans les prochaines semaines, à Tripoli, appelé à ratifier le présent accord, finaliser le processus juridique et acter le transfert des titres de propriété au Gabon.

La renaissance

Fondée à Libreville au début des années 1980, la gestion de la station était soumise à un partenariat entre le Gabon et la Libye de Muammar Khadafi dans le milieu des années 2000. À son apogée, la radio diffusait ses programmes dans plusieurs pays africains et en Europe, devenant un symbole du panafricanisme médiatique et un acteur incontournable de l’espace audiovisuel africain.

Mais au fil des années, Africa N°1 a progressivement sombré dans une profonde crise financière et institutionnelle. Les difficultés de gouvernance, les tensions liées à l’actionnariat et surtout l’instabilité politique en Libye après la chute du régime de Kadhafi en 2011 ont fortement affecté le fonctionnement du média. La radio a connu plusieurs interruptions d’activités, des problèmes de financement et une perte progressive de son influence continentale.

Après le coup d’état du 30 août 2023, les nouvelles autorités avaient clairement affiché la volonté de relancer l’antenne. Africa N°1 a été réhabilitée en 2024, dans le contexte de la couverture médiatique du Dialogue national inclusif (DNI), avec des installations provisoirement logées dans l’enceinte du stade d’Agondjé, au nord de Libreville et une ouverture sur les plates formes numériques.

Son siège social et ses studios traditionnels, sis au cœur de la capitale gabonaise, ont été entièrement refaits.

Féeodora Madiba et Tryphène Lembah

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