Le ministère de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation dans un communiqué officiel, a rappelé aux candidats ayant pris part aux élections législatives et locales d’octobre et novembre 2025 leur obligation de déposer leurs comptes de campagne, conformément aux dispositions du Code électoral.
Face à certains retards constatés, les autorités insistent sur le caractère impératif de cette formalité. « Il est demandé aux candidats de déposer, toutes affaires cessantes, au Greffe de la Cour des Comptes ou à celui de la Chambre provinciale des Comptes de leur ressort, leurs comptes de campagne accompagnés des états des sources de financement et des dépenses effectuées ainsi que les pièces justificatives », souligne le communiqué.
Encadrée par les articles 109, 206, 368 et 369 de la loi organique n° 001/2025 du 19 janvier 2025 portant Code électoral en République gabonaise, cette obligation vise à garantir la transparence du financement de la vie politique, explique le ministère.
Mais au-delà du simple rappel administratif, le ministère brandit également la menace de sanctions sévères en cas de non-respect. « La juridiction financière peut, sans préjudice des sanctions qu’elle prononce, faire perdre le mandat et les droits politiques au candidat qui refuserait de produire son compte de campagne », prévient le texte, en référence à l’article 371 alinéa 2 de la loi précitée.
Un rappel déjà adressé aux candidats à la présidentielle de 2025
Ce n’est pas la première fois que le ministère de l’Intérieur tape du poing sur la table. Un rappel similaire avait été adressé aux candidats à l’élection présidentielle du 12 avril 2025, invités eux aussi à se conformer aux exigences légales en matière de dépôt des comptes de campagne.
À l’époque déjà, les autorités insistaient sur la nécessité de produire des documents complets et sincères. « Les comptes de campagne doivent être accompagnés des états détaillés des sources de financement et des dépenses engagées, ainsi que des pièces justificatives », rappelait l’administration.
Là encore, les mêmes sanctions étaient évoquées en cas de manquement. « Le défaut de production des comptes de campagne expose le candidat à la perte de son mandat et de ses droits politiques », avertissait le ministère.
Plus d’un an après la présidentielle et plusieurs mois après les élections législatives et locales, ce nouveau rappel sonne comme une mise en demeure implicite à l’endroit des retardataires.
Reste désormais à savoir si les candidats concernés se conformeront rapidement à ces exigences, sous peine de voir leur avenir politique compromis.
Alain Claude Bilie By Nze, principal challenger de l’actuel président Brice Clotaire Oligui Nguema lors de la présidentielle de 2025 avait soutenu que l’Etat n’avait pas besoin de justificatifs des frais de campagne pour l’argent privé. Le candidat avait affirmé avoir financé sa campagne avec son argent de poche d’où sa volonté de ne pas justifier des dépenses effectuées avec son salaire.
Marie Dorothée
