Libreville : ouverture des travaux sur le Pacte énergétique national du Gabon

L’ouverture de la 10e édition du Marché africain de l’énergie (AEMP) a eu lieu le 8 avril 2026 à Libreville, au Nomad Suites Résidence, à l’initiative du Ministère de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie, en collaboration avec la Banque africaine de développement (BAD). Cette rencontre, prévue jusqu’au 9 avril, est consacrée à la consultation des parties prenantes sur le Pacte énergétique national, dans le cadre de la Mission 300.

Prenant la parole à l’ouverture, le maire de Libreville, Pierre Matthieu Obame Etoughé, a salué l’importance de cette initiative pour la transformation urbaine et le développement local. Il a insisté sur le rôle fondamental de l’énergie dans l’amélioration du quotidien des populations, notamment en matière de sécurité, d’accès à l’eau et de modernisation des services publics. « Une énergie fiable et accessible, c’est un éclairage public performant qui sécurise nos quartiers… en somme, c’est une meilleure qualité de vie pour nos concitoyens », a-t-il déclaré, tout en rappelant les difficultés persistantes liées aux délestages dans le Grand Libreville.

Pour le ministre de l’Intérieur, Adrien Nguema Mba, l’AEMP représente un cadre idéal pour renforcer la coopération entre l’État, les investisseurs privés et les bailleurs de fonds. Il a présenté le Pacte énergétique national comme une feuille de route ambitieuse à l’horizon 2030, visant l’accès universel à l’électricité et le développement d’un système énergétique durable. « L’Africa Energy Marketplace constitue une plateforme idéale pour redéfinir les contours de nos partenariats », a-t-il affirmé, appelant à transformer les intentions en engagements concrets et en financements structurants.

De son côté, le ministre de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie, Philippe Tonangoye, a expliqué les causes techniques des délestages observés à Libreville, soulignant que le problème ne réside pas uniquement dans la production, mais aussi dans le transport de l’énergie. Il a notamment évoqué l’obsolescence des infrastructures reliant Owendo à Bisségué et la nécessité de travaux programmés. « Ce ne sont pas des délestages accidentels, ce sont des délestages des travaux programmés », a-t-il précisé, tout en annonçant des projets majeurs destinés à renforcer durablement l’approvisionnement électrique.

Intervenant au nom du Tony Blair Institute, Sergio Portatadino, responsable de l’énergie en Afrique, a rappelé que le Gabon s’inscrit dans une dynamique continentale d’électrification portée par Mission 300, avec pour objectif d’attirer davantage d’investissements à travers un pacte structuré. Il a également mis en avant les atouts naturels du pays. « Le Gabon a de très grandes ressources hydroélectriques, du gaz et pourquoi pas aussi du solaire », a-t-il indiqué, estimant qu’une meilleure planification et une réduction des risques pourraient permettre au pays, à moyen terme, d’exporter de l’électricité dans la sous-région.

À travers ces échanges, Libreville s’affirme comme un point stratégique de réflexion et de mobilisation, alors que le Gabon ambitionne de devenir un futur hub énergétique en Afrique centrale, en s’appuyant sur des réformes, des investissements et des partenariats renforcés.

Roberte Adé

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