La tension est montée d’un cran entre l’Etat gabonais et l’entreprise turque Karpowership. Dans une correspondance officielle datée du 17 mars 2026, la société Karpowership Global DMCC a donné un ultimatum ferme à l’État gabonais ainsi qu’à la SEEG : le règlement immédiat d’une facture de 15 milliards de francs CFA, faute de quoi la production de sa centrale flottante serait totalement interrompue cette nuit dès minuit, rapporte le média Gabonreview.
Selon les termes de la correspondance, l’entreprise menaçait de mettre fin à ses activités ce soir dès 23h59. Une décision lourde de conséquences, sachant que cette infrastructure, installée à Libreville, fournit environ 150 mégawatts, soit une part importante de l’approvisionnement électrique de la capitale.
D’après les éléments révélés, Karpowership Global DMCC aurait adressé pas moins de six correspondances depuis fin janvier 2026 pour réclamer le paiement des sommes dues, tout en continuant à assurer la fourniture d’électricité. Malgré ces démarches, aucune solution concrète n’aurait été trouvée. Même une proposition de règlement partiel de 5 milliards FCFA ne serait désormais plus jugée suffisante pour maintenir les opérations. Pour éviter l’arrêt des machines, Karpowership exige un règlement immédiat de 15 milliards FCFA.
Au-delà du risque immédiat de coupures d’électricité, cette affaire pourrait déboucher sur un contentieux international. L’entreprise turque a en effet pris soin de préciser qu’elle se réservait le droit d’engager des poursuites pour faire valoir ses intérêts, ce qui exposerait le Gabon à de potentielles sanctions financières.
Ce dossier met en lumière les difficultés de gestion dans le secteur énergétique national et soulève des inquiétudes quant à la stabilité de l’approvisionnement en électricité dans la capitale.
Le contrat entre l’Etat gabonais et Karpowership a été conclu le 9 mai 2024. La menace actuelle d’interruption de fourniture d’électricité est la première crise majeure entre les deux parties.
L’annonce de ce contrat avait suscité la polémique et les inquiétudes. La facture mensuelle évoquée à l’époque était de 10 milliards de FCFA payable par la SEEG. La société Aggreko qui fournissait environ 60% de l’électricité consommée à Libreville percevait 6 milliards de FCFA par mois.
Aggreko avait également coupé son câble à Libreville exigeant d’être payé avant la reprise du service. Le Gabon avait urgemment contracté une lourde dette auprès de BGFIbank pour éviter une révolte populaire.
Roberte Adé
