L’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA) a fait savoir, à travers une communication officielle, que toute personne exerçant dans la vente de nourriture de rue devra désormais suivre une formation obligatoire aux bonnes pratiques d’hygiène alimentaire et environnementale. La mesure est entrée en vigueur le 28 janvier en cours, a-t-on appris.
Cette décision marque un tournant important pour la « street food », un secteur très dynamique mais régulièrement pointé du doigt pour ses insuffisances en matière de normes sanitaires. Très présente dans les centres urbains, la restauration de rue constitue une source de revenus essentielle pour de nombreux gabonais et un mode d’alimentation quotidien pour des milliers de consommateurs.
Cependant, cette vitalité économique s’accompagne de risques sanitaires non négligeables. Intoxications alimentaires, conditions de préparation inadaptées et absence de contrôles réguliers figurent parmi les principales préoccupations des autorités sanitaires. En rendant la formation obligatoire, l’Agasa ambitionne de réduire ces risques et d’améliorer durablement la qualité des aliments proposés au public.
Au-delà de la santé publique, cette initiative s’inscrit dans une volonté plus large de modernisation et de régulation de l’économie informelle, qui occupe une place importante dans le tissu économique national. Les contrôles annoncés devront ainsi concilier fermeté et sensibilisation.

La réussite de cette réforme dépendra toutefois de l’accompagnement mis en place par les pouvoirs publics. Accessibilité financière de la formation, adaptation aux réalités du terrain et pédagogie lors des contrôles seront des éléments déterminants pour éviter que cette obligation ne soit perçue comme une sanction.
Pour les vendeurs de rue, cette nouvelle exigence implique une montée en compétence et une professionnalisation accrue de leur activité. Si la mesure peut susciter des inquiétudes, elle représente également une opportunité : celle de renforcer la confiance des consommateurs, de valoriser leur savoir-faire des professionnels et de pérenniser leur activité dans un cadre plus structuré.
En imposant cette formation, les autorités rappellent que la sécurité alimentaire est un enjeu collectif. Les vendeurs de rue jouent un rôle clé dans la santé publique, tandis que l’État a la responsabilité de garantir des règles justes et applicables.
Cette réforme apparaît ainsi comme une étape majeure vers un système alimentaire plus sûr et plus responsable, faisant de la sécurité alimentaire un enjeu central du développement national.
Féeodora Madiba et Darène Mabelle Ayingone
