Protection des données à caractère personnel : la CNPDCP veut une adhésion massive des populations de l’Ogooué Maritime

Le président de la CNPDCP, Joël Ledaga prononçant son allocution à l’occasion de la célébration le 28 janvier 2022 de la Journée Mondiale de la protection des données personnelles et de la vie privée © D.R

A l’occasion de la célébration de la 16ème journée mondiale de la «protection des données personnelles et de la vie privée, le président de  la Commission nationale pour la protection des données à caractère personnel (CNPDCP) Joël Ledaga, a annoncé que cette manifestation d’importance qui se célèbre le 28 janvier de chaque année, sera délocalisée à Port-Gentil pour inciter les populations de la province de l’Ogooué Maritime de déclarer et protéger   à la commission, leurs données à caractère personnel.  


Ci-dessous l’intégralité de son discours à l’occasion de cette journée mondiale.

Chers compatriotes ;

Avant de commencer mon propos circonstanciel, je voudrais d’abord vous présenter à toutes et à tous, au nom de la Commission Nationale pour la Protection des Données à Caractère Personnel (CNPDCP) et en mon nom propre, nos vœux les plus prestigieux de santé, de prospérité et de longévité. Que Dieu Tout puissant, Maître du temps et des circonstances, vous bénisse et vous accompagne tout au long de cette nouvelle année 2022.

A l’instar de la communauté internationale, notre pays le Gabon célèbre ce 28 Janvier 2022,  la 16ème journée mondiale de la protection des données personnelles et de la vie privée, dénommée « DATA PRIVACY DAY » sous le thème: « La protection des données personnelles et de la vie privée en Afrique: mythe ou réalité ».

Dans ce contexte, cette journée célébrée à travers le monde, est une opportunité offerte aux Autorités de protection des données, de raviver à l’unisson, les débats sur les problématiques liées à la protection des données personnelles et de la vie privée.

A ce titre, confrontée aux innovations technologiques et à la mondialisation, la question de la protection de la vie privée, se trouve au cœur des enjeux et des débats sociopolitiques contemporains.

A cet effet, les pratiques de collecte, de consommation et d’exploitation d’informations relatives à des individus, font partie des modes d’administration des populations et des caractéristiques des sociétés de contrôle. Ces pratiques de prélèvement, d’utilisation des données privées et de traçabilité des individus, génèrent une quantité importante de données personnelles, appelées « BIG DATA », estimées en Afrique à plusieurs milliards par jour, produites par une population à majorité sans culture numérique, devenant ainsi la cible des géants du web, les GAFAMA, dont les modèles économiques reposent incontestablement sur l’exploitation desdites données, considérées désormais comme matières premières de cette économie digitale.

D’ailleurs, ce marché potentiel avec une population africaine d’environ 1,3 milliards d’habitants, encore peu régulé, pour ne pas dire une zone de non droit, constitue assurément, un grand réservoir de consommateurs des services numériques. Ces pratiques sociales du public se greffent sur ces innovations.

Aussi, nous pouvons noter que parmi les 55 Etats africains, 27 ont adopté des lois sur la protection des données personnelles et 20 disposent d’Autorités de protection, soit environ 40% de l’ensemble des Etats, chargées de veiller à l’application desdites lois.

De même,  la Convention de l’Union Africaine sur la cyber-sécurité et la protection des données à caractère personnel, adoptée le 27 juin 2014 à Malabo, en Guinée Equatoriale, tarde à entrer en vigueur car, à ce jour, on dénombre 14 Etats signataires et seulement 8 ont procédé à sa ratification.

Cette convention supra nationale est indispensable dans la mesure où elle complète nos législations en vigueur, et renforce le niveau de protection des données à caractère personnel en Afrique, dans cet espace virtuel, sans frontière, qui expose et viole d’une manière permanente la vie privée de nos concitoyens.

Devant cette situation préoccupante et faisant face à d’autres réalités locales, le législateur a doté notre pays, le 25 Septembre 2011, de la loi 001/2011 portant protection des données à caractère personnel, et d’une Commission nationale chargée de veiller à ce que les traitements des données à caractère personnel soient mis en œuvre, conformément aux dispositions de la présente loi.

Ainsi, pour faire face à ses obligations dans cet environnement numérique, notre Commission s’est affiliée à certains organismes internationaux qui traitent des questions liées à la protection des données personnelles dont la finalité est de s’arrimer aux standards internationaux, en vue d’harmoniser nos niveaux de protection, d’adopter des mesures communes mais également de prendre en compte les évolutions technologiques majeures. Cette démarche qui s’inscrit dans le renforcement des capacités, est aussi une opportunité d’anticiper le développement des technologies de l’information et de la communication et d’apprécier les conséquences qui en  résultent pour l’exercice des droits fondamentaux et des libertés individuelles.

Dans la même perspective, la Commission a organisé plusieurs campagnes d’information, de sensibilisation et de formation, à l’endroit des secteurs privé, pour rappeler les obligations des responsables de traitement, médical, dans le cadre de la pandémie de la COVID-19, éducatif, sur l’utilisation responsable des réseaux sociaux, public, avec la formation des correspondants à la protection des données. Quant aux populations, des journées portes ouvertes ont été organisées aux fins de les édifier sur leurs droits. L’objectif visé par Commission est de promouvoir le droit à la protection des données personnelles et de la vie privée.

A cet effet, la Commission a enregistré au cours des trois dernières années, 135 entreprises et sociétés confondues ayant procédé aux déclarations de leurs traitements des données, et 08 avis motivés et publiés pour le compte des Pouvoirs Publics.

Chers compatriotes ;

Sans être un mythe, la protection des données personnelles en Afrique est une réalité qui prend forme mais timidement. C’est la raison pour laquelle, le droit à la protection des données personnelles et de la vie privée, qui est une préoccupation universelle, invite les Etats africains, du moins ceux qui ne disposent d’aucune législation, à initier des politiques publiques qui visent à mettre en place des cadres juridiques et institutionnels dont la finalité est d’adopter un droit communautaire à la protection des données personnelles et de la vie privée, à l’image du Règlement européen.

Pour cette année, cette célébration sera délocalisée dans la Province de l’Ogooué Maritime, en particulier dans la commune de Port-Gentil où s’exerce une forte activité économique, entrainant indéniablement la mise en œuvre des traitements des données à caractère personnel.

Sur ce, je vous remercie de votre aimable attention.

Gabonactu.com


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