Les médecins décident de ne plus recevoir les assurés de la CNAMGS dans les hôpitaux publics

Le Syndicat des médecins fonctionnaires du Gabon (SYMEFOGA) et le Syndicat national des agents de santé (SYNAS) ont décidé de ne plus recevoir dès ce jeudi 5 mai 2022 jusqu’à nouvel ordre les patients assurés par la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS), suite au silence voir au mépris du gouvernement qui ne dit rien sur leurs supplications pour sauver les hôpitaux du pays qui se meurent faute de budget de fonctionnement.

Les deux syndicats ont notifié par une lettre commune leur décision au Premier ministre, Rose Christiane Ossouka Raponda.


Le SYMEFOGA et le SYNAS affirment avoir pris cette décision la mort dans l’âme. Ils auraient saisi par courrier le ministre de tutelle, le Dr Guy Patrick Obiang Ndong depuis un mois. Constatant le silence du ministre, les deux syndicats ont adressé un courrier au Premier ministre qui est aussi resté sans réponse, au mépris, selon les deux syndicats, du principe administratif obligeant de répondre par écrit à un courrier administratif.

Contacté par la rédaction de Gabonactu.com, le Dr Christiane Mengue M’Asseko épouse Olimbo Daouda a expliqué que les malades ne sont pas interdits de se rendre dans les hôpitaux du secteur public. En revanche, ils ne seront plus pris en charge en qualité d’assurés de la CNAMGS, s’ils sont assurés par ce service public qui est en fait l’assurance maladie obligatoire au Gabon.

Pour être pris en charge, chaque patient doit payer cash ses frais de consultation. Au niveau des CHU la consultation spécialisée vaut 10 000 FCFA contre 8 000 FCFA pour une consultation en médecine générale. Ces frais varient entre 8 000 et 5 000 FCFA pour les hôpitaux régionaux et de 3000 à 2 000 FCFA pour les petits dispensaires des villages. Or avec la CNAMGS la consultation est totalement gratuite pour les gabonais économiquement faibles, les femmes enceintes, les bébés de moins de 3 mois… Pour les autres catégories elle varie entre 800 et 2 000 FCFA.

« La CNAMGS ne verserait pas la part due aux hôpitaux qui connaissent actuellement des graves difficultés de fonctionnement », a soutenu le Dr Mengue M’Asseko qui cite les propos généralement tenus par les responsables des hôpitaux publics.

L’accumulation de la dette de la CNAMGS prive les hôpitaux de budget de fonctionnement. Conséquences : plus de coton, d’alcool, de seringue, de décathlon … dans les services d’urgence. Même les gants manquent. Les primes des personnels ne sont plus versées. Les équipements qui tombent en panne ne sont plus réparés.

Les deux syndicats pointent également un mauvais management des hôpitaux et centres de santé. Ils déplorent aussi la quasi suppression des subventions de l’Etat.

« Au lieu de décréter la fermeture des hôpitaux, nous avons pris une première décision radicale. Ca va aller crescendo », a averti le président du SYMEFOGA.

Initiée par l’ancien président gabonais Omar Bongo Ondimba, avec l’aide de l’ex ministre français Bernard Kouchner, la CNAMGS est le plus important filet social au Gabon. L’institution financée par des taxes publiques, des cotisations sociales et une subvention de l’Etat souffre, cependant d’une gestion opaque. Ses rares rapports officiels qui existent ressortent les dépenses mais jamais les revenus annuels. Un de ses Directeurs généraux croupi actuellement en prison depuis plus de 2 ans, sans jugement, pour détournement massif des capitaux.  

Camille Boussoughou


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