Le changement climatique et la transition énergétique en Afrique au cœur des assemblées annuelles de la BAD au Ghana

Le président du Ghana, Nana Addo Dankwa Akufo Addo a officiellement ouvert mardi les assemblées annuelles du groupe de la Banque africaine de développement (BAD) qui se déroulent dans la capitale ghanéenne du 23 au 27 mai avec pour préoccupation majeure le changement climatique et l’électrification de l’Afrique.

Un parterre d’invités dont le président Mozambicain, Filipe Jacinto Nyusi et la présidente de la Tanzanie, Samia Suluhu Hassan ont participé à la cérémonie d’ouverture au Centre international des conférences d’Accra.


Nana Akufo Addo s’est dit particulièrement heureux de voir son pays accueillir cette grande rencontre de la finance et de l’économie africaine qui coïncide avec la commémore au Ghana du 50ème anniversaire de la disparition du père de l’indépendance de son pays, le panafricaniste Kwame Krumah.

Le numéro un ghanéen a aussi dit sa fierté de savoir que la BAD tienne ses assemblées annuelles à Accra au moment où l’un de ses plus importants instruments en faveur du développement du continent à savoir le Fond africain de développement (FAD) célèbre son 50ème anniversaire.

Le président ghanéen Nana Akufo Addo

Créé en 1972, le FAD contribue à la promotion du développement économique et social dans 38 pays africains les moins développés. Il fournit des financements concessionnels pour des projets et des programmes, ainsi qu’une assistance technique pour des études et des activités de renforcement des capacités.

Changement climatique

La rencontre de la capitale ghanéenne se déroule sous le thème : Favoriser la résilience climatique et une transition énergétique juste pour l’Afrique.

Le président du groupe de la BAD, Dr Akinwumi Adesina a rappelé à l’assistance plusieurs indicateurs qui ont conduit la banque à concentrer ses investissements dans ces secteurs.

« L’Afrique n’a d’autres choix que de s’adapter au changement climatique », a-t-il rappelé.

« Pour aider le continent à le faire, la Banque africaine de développement a doublé son financement pour le climat à 25 milliards de dollars d’ici 2025 », a-t-il annoncé.

Selon le président de la BAD, l’Afrique est le continent où la pollution ne représentant que 4% de toutes les émissions mondiales de gaz à effet de serre du monde. Pourtant, le continent souffre de manière disproportionnée des impacts négatifs du changement climatique. Le continent vit dorénavant au rythme de la fréquence et de l’intensité accrues des sécheresses, des cyclones et des inondations aggravées par la désertification.

« L’Afrique subit des pertes de 7 à 15 milliards de dollars par an en raison du changement climatique. Ces pertes devraient atteindre 40 milliards de dollars par an d’ici 2030 », a-t-il prévenu avant de marteler que « sans aucun doute, la Banque africaine de développement est le leader de l’adaptation au climat en Afrique et dans le monde ».

« La part de nos financements climatiques dédiée à l’adaptation est de 67 %, la plus élevée de toutes les banques multilatérales de développement », a-t-il dit avec fierté son éternel nœud papillon noué au cou.

Transition énergétique

Pour le président de la BAD, l’Afrique possède peut-être le plus grand potentiel au monde en matière de sources d’énergie renouvelables, en particulier solaire, hydroélectrique, géothermique et éolienne. La Banque africaine de développement met en œuvre l’initiative du « désert à l’énergie » d’une valeur de 20 milliards de dollars au Sahel, pour construire 10 000 mégawatts de production d’énergie solaire.

Dr Akinwumi Adesina, président de la BAD

Ce projet fournira de l’électricité via l’énergie solaire à 250 millions de personnes et fera du Sahel la plus grande zone solaire du monde.

La Banque prévoit également de créer la Facilité africaine pour une transition énergétique juste, qui sera utilisée pour aider les pays africains à passer des centrales au mazout lourd et au charbon aux systèmes électriques de base à énergie renouvelable.

« Nous devons veiller à ce que les promesses faites lors de la COP 26 à Glasgow soient désormais tenues lors de la COP 27 à Sharm El Cheikh, en Égypte », a recommandé recommandé le président de la BAD, une banque qui a cessé de financer les projets énergétiques à base de charbon depuis 2009.

Carl Nsitou


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