Drogue et absences : la prison de Port-Gentil sévit

Le directeur de la prison centrale de Port-Gentil, le lieutenant-colonel Jean-Jacques Onah Mbegha, a annoncé, lundi 12 octobre 2026, lors de la levée des couleurs, des sanctions contre les agents qui manquent à leurs obligations professionnelles. À l’origine de cet avertissement, la rétrogradation d’un sergent-chef major au grade de sergent pour abandon de poste, inobservation des lois et règlements en vigueur et usage de drogue. Le responsable entend rappeler que la discipline et le respect des règles sont indispensables à la sécurité de l’établissement.

Pour le directeur, ces manquements sont incompatibles avec les missions de surveillance et de sécurité confiées aux personnels pénitentiaires. Il a rappelé que les agents ont le devoir de respecter leur hiérarchie, d’assurer leur service et de veiller à l’application des règles en milieu carcéral. Toute implication dans des pratiques illicites constitue, selon lui, une faute grave qui appelle une réponse disciplinaire.

« Un agent qui se permet d’abandonner son poste, qui se permet d’introduire la drogue en détention ou les produits stupéfiants n’est plus un agent. C’est tout simplement un trafiquant et un délinquant. Je vous rappelle que cela ne sera plus jamais toléré », a déclaré Jean-Jacques Onah Mbegha devant ses collaborateurs.

Les nouvelles recrues sont également concernées par cette mise en garde. Le directeur a évoqué des cas liés aux stupéfiants au sein de la promotion 2025, dont les membres viennent à peine de prendre leurs fonctions. Il a notamment révélé qu’un agent de cette promotion est actuellement incarcéré. Il a rappelé que le statut de fonctionnaire ne protège personne contre les conséquences judiciaires d’actes répréhensibles.

Autre situation dénoncée, celle d’un agent qui aurait passé plus de deux ans à son domicile sans assurer normalement son service, tout en continuant à percevoir son salaire. D’après les explications du directeur, le fonctionnaire se consacrait à la vente de vêtements de friperie durant cette période. Pour la hiérarchie, une telle absence porte atteinte au bon fonctionnement des services et soulève la question du contrôle de la présence effective des agents.

« Cet agent à qui on a cassé le galon ose faire plus de deux ans à la maison, à vendre de la friperie, et le 25 il va à la banque. Heureusement que j’avais bloqué tout ça. Plus jamais cela ! », a lancé le lieutenant-colonel. Par ces propos, il rappelle que le versement d’un salaire public implique l’accomplissement effectif des missions confiées à chaque fonctionnaire.

La rétrogradation du sergent-chef major figure dans un document administratif qui mentionne le code grade 363 et l’indice 718. Les motifs retenus sont l’abandon de poste, l’inobservation des lois et règlements en vigueur ainsi que l’usage de drogue. Cette décision constitue un exemple concret des mesures disciplinaires auxquelles les personnels s’exposent en cas de manquement à leurs obligations.

À travers ces rappels, le directeur de la prison centrale de Port-Gentil demande à l’ensemble de ses collaborateurs de respecter les règles du service, quel que soit leur grade ou leur ancienneté. L’abandon de poste, l’introduction de stupéfiants en détention et les absences injustifiées figurent parmi les comportements qu’il entend combattre. La sécurité de l’établissement repose aussi sur la rigueur et l’intégrité des agents chargés de l’assurer.

Jean-Jacques Rovaria Djodji

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