Le Gabon doit désormais faire un choix : continuer à consommer sa richesse ou commencer à la produire, la transformer et la partager.
Notre pays ne manque ni de ressources, ni de talents, ni d’entrepreneurs. Il manque encore d’un environnement économique capable de transformer ces atouts en entreprises, en emplois et en prospérité nationale.
C’est pourquoi le Commerce et les PME ne peuvent plus être considérés comme de simples secteurs administratifs. Ils doivent devenir un pilier de la refondation économique du Gabon.
Notre ambition doit être claire : produire davantage, transformer davantage, employer davantage.
En cinq ans, le Gabon doit se donner des objectifs mesurables : 50 000 PME formelles, 500 milliards de FCFA de financements mobilisés et jusqu’à 200 000 emplois directs et indirects.
Pour y parvenir, il faut changer de logiciel.
– Libérer l’entreprise, d’abord : créer une entreprise en 24 heures, simplifier les procédures, digitaliser les services et rendre réellement opérationnel le guichet unique.
– Financer l’entrepreneur gabonais, ensuite : mettre en place un Fonds national de développement des PME capable de mobiliser, avec les banques et les partenaires au développement, des financements massifs au service de la production.
– Créer des marchés, enfin : réserver progressivement une part significative de la commande publique aux PME gabonaises et augmenter la présence du « Fabriqué au Gabon » dans les circuits de distribution.
L’argent public doit davantage faire travailler l’économie nationale plutôt que financer la dépendance aux importations.
La diversification ne doit plus être un slogan. Elle doit devenir une politique industrielle et entrepreneuriale organisée autour de nos filières : agriculture, agro-industrie, bois, pêche, élevage, numérique, artisanat, services, mines et pétrole.
À chaque filière doivent correspondre des écosystèmes de PME, du financement, de la formation, du foncier, de la technologie et des débouchés.
Et notre marché ne doit pas s’arrêter aux frontières nationales. Le Gabon doit faire émerger une nouvelle génération de PME capables de conquérir la CEMAC, la CEEAC et la ZLECAf.
Il faut également changer notre regard sur le secteur informel. L’informel n’est pas seulement une anomalie fiscale : c’est souvent l’entrepreneuriat national qui cherche sa place.
Formaliser doit donc signifier : accéder au crédit, aux marchés, à la protection sociale, à la formation et au numérique. On ne formalise pas durablement par la seule contrainte ; on formalise en rendant la formalisation rentable.
Le changement doit enfin toucher l’État lui-même.
Le succès d’une politique du Commerce et des PME ne doit plus se mesurer au nombre de textes adoptés ou de réunions organisées, mais à des résultats : entreprises créées, financées et pérennisées ; emplois générés ; produits fabriqués localement ; marchés conquis ; exportations développées.
C’est cela, l’État stratège : un État qui accompagne, facilite, protège et ouvre des marchés, sans se substituer à l’entrepreneur.
Le véritable choix politique est désormais posé :
la production contre la dépendance ;
l’entreprise contre l’assistanat ;
l’emploi contre le chômage ;
la transformation locale contre l’exportation de matières premières.
Le Gabon ne construira pas sa puissance économique uniquement avec son pétrole, son manganèse ou son bois.
Il la construira avec ses entrepreneurs.
Des milliers de PME compétitives doivent devenir les nouvelles forces vives de notre économie, de nos territoires et de notre jeunesse.
Faire de chaque entrepreneur un producteur de richesse et de chaque PME un créateur d’emplois : voilà le véritable pari productif du Gabon.
Il est temps de passer de l’économie de rente à l’économie de production.
Il est temps de passer des discours aux résultats.
Il est temps de produire gabonais.
#YvesFernandManfoumbi #PME #mwanedimbu #economie
Yves Fernand Manfoumbi, ancien ministre
