Interdiction d’importer le poulet de chair au Gabon : Libreville face au « veto » de Washington

Annoncée depuis mai 2025, la décision du Gabon d’interdire l’importation du poulet de chair dans son territoire a fait bondir les Etats Unis d’Amérique. Washington, via son représentant à l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) a officiellement interpellé le Gabon sur cette question qui constituerait une entrave au « business » tel qu’établi par l’OMC dont le Gabon est membre.

Réuni en conseil des ministres vendredi, le gouvernement gabonais a annoncé qu’il maintient son calendrier tout en préparant sa défense au sein de l’OMC.

En mai 2025, le gouvernement gabonais avait décidé de mettre fin à l’importation de poulet de chair dès le 1er janvier 2027.

Selon le communiqué du Conseil des ministres de vendredi 18 septembre 2026, une stratégie sera élaborée en s’appuyant sur les exceptions prévues par les accords de l’OMC et sur la négociation diplomatique, afin de prévenir un éventuel contentieux et de préserver les intérêts économiques du pays.

Dans les couloirs du ministère gabonais de l’agriculture, la détermination est sans faille. Les experts soutiennent que Libreville assumera sa décision.

Reste à savoir si le pays a des experts aussi futés pour tenir tête à une organisation internationale et surtout à l’Amérique de Donald Trump.

Dans son dernier examen consacré au Gabon, publié par l’OMC en 2023, le Secrétariat de l’organisation indiquait que les importations de viande de volaille avaient atteint 97,7 millions de dollars en 2021. Le rapport relevait également que la production nationale de viande bénéficiait d’une exonération de TVA, tandis que les importations étaient soumises à un taux réduit de 10 % et à un droit de douane de 5 %.

Paiement des arriérés

L’OMC pointe également l’accumulation par le Gabon des arriérés de cotisations statutaires. L’équipe gouvernementale du président Brice Clotaire Oligui Nguema a reconnu cette dette qu’elle a promis d’apurer.

En effet, selon le gouvernement, le Gabon accuse des arriérés de contributions auprès de l’OMC évalués à 228 997 francs suisses, soit environ 164 millions de francs CFA. Cette situation entraîne, selon lui, des restrictions d’accès de la Mission permanente du Gabon aux documents et informations de l’Organisation.

« Le Gabon reconnaît qu’il doit et s’engage à payer », a confié à la rédaction de Gabonactu.com, une source proche du ministère de l’agriculture.

Sur le terrain, les autorités gabonaises ont engagé la structuration de la filière. Le ministère de l’Agriculture indique notamment que le Plan opérationnel d’urgence de la filière avicole doit permettre de préparer l’arrêt des importations. En juillet 2026, le ministère a lancé une commande de 3 millions de poussins d’un jour, avec une première livraison de 262 400 poussins prévue en septembre. L’objectif final est de sortir de la dépendance du poulet importé dans l’assiette des gabonais.

Betines Makosso et Marie Dorothée

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