Le chef de village Kougouleu © D.R
Kougouleu, localité située dans le département du Komoh-Kango (60 km de Libreville) dan province de l’Estuaire, fait aujourd’hui face à une situation préoccupante. La rivière Kougouleu, qui a donné son nom au village et qui constitue depuis des générations une source essentielle de vie pour les populations, serait désormais quasiment à sec et son eau aurait considérablement changé d’aspect, à cause, pointe-ton, de l’exploitation du sable par un operateur économique.
« Depuis que l’opérateur économique est arrivé à Kougouleu, la couleur de l’eau a changé, nous ne pouvons même plus l’utiliser pour laver les assiettes », déplore Clémentine Minkoue Mi Edzogo, chef du village Kougouleu.
Dans son cri d’alarme que lancé au nom des habitant, l’auxiliaire de commandement estime que les populations sont confrontées à de nombreuses difficultés depuis l’installation d’un opérateur économique dans la localité, notamment dans le cadre d’un projet d’exploitation de sable.

La couleur présente de la rivière Kougouleu © D.R
Autrefois claire et propre, la rivière Kougouleu représentait bien plus qu’un simple cours d’eau pour les habitants. Elle constituait une ressource indispensable à la vie quotidienne.
«C’était une rivière claire et très propre. C’est cette eau que nous buvions depuis de longues années », témoigne la responsable du village.
Aujourd’hui, le constat dressé par les populations est alarmant. Le cours d’eau ne fournirait plus les ressources nécessaires aux besoins des habitants et aux activités agricoles.
Pour elle, « la rivière ne coule plus, l’eau est sale. Il n’y a que du sable. Nous ne pouvons plus faire de l’agriculture comme avant. Il y a des plantes qu’il faut arroser, mais nous ne pouvons plus le faire parce qu’il n’y a plus suffisamment d’eau ».
Pour les populations de Kougouleu, la question ne consiste toutefois pas à s’opposer au développement économique de leur localité. Elles disent simplement vouloir que les activités économiques prennent en compte leur environnement et leurs conditions de vie.

« Nous ne sommes pas contre le développement de notre village. Mais on ne se développe pas pour être tué », a fustigé Franci Orendo Guirot, habitant du traduiant l’inquiétude grandissante des habitants.
Face à la raréfaction de l’eau de la rivière, les populations dépendent désormais d’une pompe d’hydraulique villageoise, dont le fonctionnement reste, selon elles, irrégulier.
Les habitants rappellent également qu’une consultation publique avait été organisée avant l’installation de la société concernée. Ils regrettent cependant de ne pas avoir eu accès, selon leurs déclarations, aux conclusions ou aux détails de l’étude d’impact environnemental.
Pour les populations de Kougouleu, l’urgence est désormais de trouver une solution durable à cette crise de l’eau. Sans réclamer nécessairement l’arrêt des activités de l’opérateur économique, elles demandent que leurs préoccupations soient entendues et que des mesures concrètes soient prises pour leur garantir l’accès à une eau saine et suffisante.
Antoine Relaxe
