Le député du 2e arrondissement d’Akanda, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, a consacré sa conférence de presse du 8 juillet à Akanda au bilan de la première session ordinaire de l’Assemblée nationale, close le 30 juin. Face aux journalistes et aux chefs de quartier de sa circonscription, l’élu de l’Union nationale a surtout expliqué les textes examinés par les députés, les positions qu’il a défendues et les raisons de son refus de voter quatre projets de loi.
La session, ouverte le 2 mars, a tourné autour de trois dossiers majeurs : l’examen des textes de loi, le discours sur l’état de la Nation du 15 juin et le débat d’orientation budgétaire du 27 juin. Au total, l’Assemblée nationale a reçu 34 textes. Vingt-deux ont été adoptés, un rejeté, six ordonnances sont tombées en forclusion et cinq autres textes restent en attente d’examen ou de transmission par le gouvernement.

Parmi les textes qui ont retenu l’attention du député figurent la loi de finances rectificative 2026, le Code de la nationalité, le Code de la communication, la réforme foncière ou encore les textes liés à la justice et à la santé. Mais Jean Gaspard Ntoutoume Ayi a surtout insisté sur les quatre textes qu’il n’a pas votés, au nom, dit-il, de « la transparence et de la clarté ».
Le premier point de rupture concerne la loi de finances rectificative. Le député dit avoir refusé de voter sa partie recettes, qu’il juge trop liée à l’endettement. « Je ne peux pas tenir le propos que je tiens sur l’endettement du pays et voter la loi de finances rectificative en recette », a-t-il lancé. Il précise toutefois avoir soutenu la partie dépenses, estimant qu’elle répond à des besoins concrets des populations et des administrations.
Autre désaccord, le texte réservant la direction générale des banques et compagnies d’assurance aux seuls Gabonais. Jean Gaspard Ntoutoume Ayi y voit une mauvaise réponse à la question de la compétence. « On doit laisser aux entreprises la possibilité de recruter les meilleurs talents et les meilleures compétences », a-t-il plaidé, en avertissant qu’une telle logique pourrait aussi fermer des portes aux cadres gabonais dans les filiales de groupes installés à l’étranger.

Le député d’Akanda s’est aussi opposé au Code de la nationalité, qu’il accuse de nourrir une lecture dangereuse de l’identité nationale. « Moi, des textes comme ça qui divisent notre pays, je ne suis pas d’accord avec ça », a-t-il tranché. Même refus pour le Code de la communication. L’élu estime que les réseaux sociaux ne doivent pas relever de la Haute Autorité de la communication, mais du juge pénal en cas d’infraction. « La HAC régit les médias, elle n’est pas la police des mœurs », a-t-il affirmé.
Au-delà de ces quatre votes, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi a présenté cette sortie comme un exercice de redevabilité. Il a rappelé qu’il siège aussi au Parlement de la CEMAC, où il préside la Commission des Affaires institutionnelles, de la Justice, des Droits de l’Homme et des Politiques sectorielles communes. Le député a surtout voulu fixer sa ligne : soutenir les textes qu’il juge utiles, et assumer publiquement ceux qu’il refuse.
Tryphene Lembah et Chritina Thelin Ondo
