En mission d’immersion dans la province de l’Ogooué-Maritime, le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et du Développement rural, Pacôme Kossy, a multiplié ce week-end les descentes de terrain dans des exploitations agropastorales, avec pour objectif d’échanger avec les producteurs locaux sur la nécessité de booster la production locale avant l’entrée en vigueur de l’interdiction des importations de poulets de chair dès janvier 2027.
Cette tournée s’inscrit dans le cadre du séjour du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, dans la province. À Port-Gentil, le membre du gouvernement a visité plusieurs fermes avicoles et exploitations maraîchères afin de mieux cerner les besoins des acteurs de la filière.
« Nous tenions à voir comment les choses se font à Port-Gentil. Il y a de très belles initiatives, mais aussi des défis spécifiques, notamment liés à la qualité des sols sablonneux », a indiqué Pacôme Kossy.
Sur le terrain, le ministre a insisté sur une approche pragmatique et participative, misant sur la co-construction des solutions avec les producteurs. Il a notamment rappelé les efforts engagés par l’État, dont la mise à disposition de tracteurs pour améliorer les capacités de production, ainsi que la promotion d’engrais organiques issus du traitement des déchets ménagers pour pallier la faible fertilité des sols.
« L’État met en place le cadre, mais c’est le secteur privé qui est le moteur du développement », a-t-il souligné, appelant dans la foulée les jeunes Gabonais à investir le secteur agricole, qu’il considère comme « le futur de la nation ».
Du côté des producteurs, les attentes restent fortes. Alioune Diop, promoteur de la ferme Blévifarm, spécialisée dans l’élevage de volailles et la production d’œufs, évoque des contraintes persistantes.
« Nos défis majeurs sont la disponibilité de la matière première, avec des ruptures fréquentes de stocks d’aliments et de poussins, mais aussi le manque de personnel formé », a-t-il expliqué. Son exploitation produit actuellement environ 4 tonnes de poulets de chair par an et 1 200 œufs par jour, avec l’ambition de tripler ses capacités, malgré des obstacles structurels freinant son passage à une production industrielle.
Pour le ministre, cette tournée marque une étape clé dans la stratégie gouvernementale visant le « zéro importation » de poulets de chair d’ici 2027. Il a insisté sur la nécessité d’une meilleure structuration du monde rural pour atteindre cet objectif.
« Le développement économique commence par là. Nous sommes pleinement engagés pour que le Gabon trouve son indépendance alimentaire et économique dans ce secteur », a-t-il conclu.
En misant sur la promotion du « consommer local » et l’accompagnement technique des jeunes agri-preneurs, les autorités entendent faire de l’Ogooué-Maritime, province à forte tradition pétrolière, un pôle émergent de la sécurité alimentaire.
Betines Makosso
