Gouvernance : TLP-Gabon lance un projet pour renforcer le dialogue citoyen

Le mouvement Tournons La Page Gabon (TLP-Gabon) a lancé, vendredi à l’hôtel Hibiscus de Louis à Libreville, un projet intitulé « Pour une gouvernance démocratique et inclusive au Gabon : impulser le dialogue et la participation citoyenne ». La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre de la Réforme et des Relations avec les Institutions François Ndong Obiang, de l’ambassadrice de l’Union européenne au Gabon Cécile Abadie, ainsi que de représentants des ministères de l’Intérieur et de la Justice.

Prévu pour une durée de 24 mois, ce programme vise à renforcer les capacités des organisations de la société civile afin de favoriser une gouvernance plus transparente et participative. À travers cette initiative, TLP-Gabon souhaite encourager les échanges entre citoyens, organisations civiques et institutions publiques, tout en promouvant une participation plus active aux questions de gouvernance.

Dans sa mise en œuvre, le projet prévoit la formation de 40 jeunes qui seront répartis en quatre cellules de travail. Ces équipes auront pour mission d’intervenir sur plusieurs axes, notamment l’analyse des lois et politiques publiques, la documentation des atteintes aux droits humains, le fact-checking et la lutte contre la désinformation, ainsi que la vulgarisation de l’information citoyenne.

Pour Blanche Simonny Abegue, coordinatrice de la coalition nationale TLP, l’initiative répond à deux limites souvent observées dans le débat public.

« Nous partons du constat qu’il n’existe pas suffisamment d’espaces de dialogue entre la société civile et les institutions. Nous avons aussi constaté que la société civile dénonce souvent sans documenter. Or, il est important aujourd’hui de partir des faits, des documents et des preuves pour construire un plaidoyer crédible et efficace », a-t-elle expliqué.

Principal partenaire du projet, l’Union européenne a rappelé son engagement en faveur du renforcement démocratique.

« Le projet que nous inaugurons aujourd’hui cherche précisément à répondre à ces défis. Il vise à renforcer le rôle de la société civile dans le plaidoyer pour les réformes, dans la sensibilisation des citoyens, mais aussi dans l’évaluation des lois et des politiques publiques afin qu’elles répondent mieux aux aspirations de développement socio-économique du pays », a déclaré l’ambassadrice Cécile Abadie, insistant également sur la nécessité d’encourager une participation plus forte des jeunes et des femmes.

Représentant le ministère de la Justice, la conseillère diplomatique et juriste Yasmine Marat Abyla a salué l’implication croissante de la société civile dans les débats institutionnels et les processus politiques récents.

« Par ce projet, nous osons espérer une gouvernance plus efficace et plus transparente, ainsi qu’une société civile plus responsable et proactive dans le dialogue, le plaidoyer politique et l’exercice de son rôle de veille citoyenne », a-t-elle affirmé.

Au-delà de la formation des jeunes, le programme prévoit la production de contenus pédagogiques accessibles au public, notamment des notes d’analyse, des infographies et des publications numériques. Des campagnes de sensibilisation et des forums multi-acteurs devraient également être organisés afin de favoriser les échanges entre institutions, organisations civiques et communautés locales, avec l’objectif d’atteindre directement au moins 1 500 citoyens.

Frida Dodo et Tryphene Lembah

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