Suspension des réseaux sociaux : le gouvernement s’explique devant le corps diplomatique

Le gouvernement gabonais a échangé, ce jeudi 19 mars 2026 au siège de Gabon24, avec les représentants du corps diplomatique sur la suspension provisoire des réseaux sociaux décidée par la Haute Autorité de la Communication. Quatre membres de l’exécutif, en charge de la Communication, des Affaires étrangères, de l’Économie numérique et de la Santé, ont pris part à cette rencontre consacrée à l’explication de cette mesure.

Ouvrant les échanges, la ministre des Affaires étrangères, Marie-Edith Tassyla-Ye-Doubeneny, est revenue sur les motivations de cette décision. « Cette décision n’a pas été prise à la légère. Elle est motivée par la nécessité de protéger la sécurité et la stabilité de notre pays, ainsi que de préserver la paix sociale », a-t-elle indiqué, face aux interrogations exprimées par les partenaires internationaux.

Le ministre de la Communication et des Médias, Germain Biahodjow, a détaillé le contexte ayant conduit à cette suspension. Il a évoqué « la diffusion récurrente de contenus inadmissibles, diffamatoires et haineux », susceptibles de fragiliser la cohésion sociale et les institutions. Il a précisé que la décision prise le 17 février 2026 reste provisoire et qu’elle ne concerne pas l’ensemble des plateformes numériques.

Sur le plan juridique, le membre du gouvernement a rappelé l’adoption récente de nouvelles dispositions destinées à encadrer l’usage des réseaux sociaux. « Le gouvernement a estimé qu’il était de sa responsabilité d’agir de manière préventive et proportionnée pour éviter des situations susceptibles de compromettre l’ordre public », a-t-il déclaré, en soulignant le rôle de l’État dans la régulation de l’espace numérique.

Le ministre de l’Économie numérique, Mark Alexandre Doumba, a élargi le débat à l’échelle internationale. Il a cité le rapport 2026 du Forum économique mondial, qui classe la désinformation parmi les principales menaces globales. « La désinformation a vocation à manipuler l’opinion publique », a-t-il expliqué, en évoquant des mesures inspirées de cadres réglementaires étrangers.

La ministre de la Santé, le professeur Elsa Nkana Joséphine Ayo-Bivigou, a pour sa part mis en avant les effets des réseaux sociaux sur les jeunes. Elle a alerté sur « l’addiction numérique » et ses conséquences, notamment l’isolement social chez l’enfant et les répercussions sur la construction de la santé mentale.

À l’issue de la rencontre, le vice-doyen du corps diplomatique, Abdellah Sbihi, ambassadeur du Maroc, a salué la démarche des autorités gabonaises et exprimé la disponibilité des partenaires à accompagner le pays sur ces questions.

Christina Thélin Ondo

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error

Vous aimez l'article? Merci de le partager.