Litige CAN 2025 : Patrice Motsepe défend l’indépendance judiciaire de la CAF après le verdict

Le président de la Confédération Africaine de Football (CAF), le Dr Patrice Motsepe, a rompu le silence mercredi après la décision très attendue de la commission d’appel concernant les incidents de la finale de la CAN 2025 entre le Maroc et le Sénégal. Tout en exprimant sa « profonde déception » face aux événements, le dirigeant a réaffirmé l’indépendance des organes judiciaires de l’instance continentale.

Dans une déclaration officielle, le patron du football africain a pris acte du revirement juridique opéré par la commission d’appel, qui a rendu une décision « totalement différente » de celle initialement prononcée par la commission de discipline. Ce litige fait suite à des incidents ayant émaillé la finale de la TotalEnergies CAF Coupe d’Afrique des Nations, disputée au Maroc.

Informé de la décision de la commission d’appel concernant le recours du Maroc, le Président de la CAF a d’emblée rappelé sa « profonde déception face aux incidents survenus lors de cette finale ». Selon lui, ces événements compromettent le travail de longue date de la CAF pour garantir « l’intégrité, le respect, l’éthique, la bonne gouvernance ainsi que la crédibilité des résultats ». Pour lui, ces tensions ravivent des problématiques structurelles que la CAF tente d’extirper depuis son arrivée à la présidence en 2021.
Le Dr Motsepe a analysé ces tensions comme un « héritage du passé », notant que malgré des progrès importants sur l’impartialité des arbitres et des commissaires de match, il subsiste encore « une certaine méfiance ».

Face aux critiques sur une possible influence politique, le Dr Motsepe a défendu la composition des instances judiciaires de la CAF, désormais formées de magistrats et d’avocats « respectés » issus des six zones régionales du continent. « Nous avons invité chaque association membre ainsi que chacune des six zones régionales de la CAF à proposer des noms de juges reconnus et d’avocats respectés », a-t-il précisé. Pour lui, la divergence de vue entre la commission de discipline et celle d’appel est, en soi, une preuve d’indépendance.
« L’indépendance se reflète également dans les décisions prises par les deux instances. La commission de discipline de la CAF a rendu une décision. La commission d’appel de la CAF a adopté une position totalement différente » a t’il indiqué.

Alors que le Sénégal a manifesté son intention de contester ce nouveau verdict, le président de la CAF a rappelé que le droit de recours était fondamental. « Chaque nation a le droit d’exercer les recours nécessaires pour défendre ses intérêts, non seulement au sein de la CAF, mais également devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS). Nous nous conformerons à la décision finale » , a-t-il assuré.

Patrice Motsepe a tenu à rassurer les 54 associations membres sur l’équité de traitement au sein de l’institution, balayant les accusations de favoritisme envers les nations hôtes. Sur le principe d’égalité de traitement il a rassuré « Aucun pays africain ne sera traité d’une manière plus privilégiée, plus avantageuse ou plus favorable qu’un autre pays » il a également annoncé des réformes avenir et des mesures déjà engagées pour corriger les « insuffisances » identifiées lors de cette finale. Le patron du football africain a expliqué que l’objectif affiché est que les supporters africains perçoivent les décisions comme « justes et impartiales », sans intervention de la présidence de la CAF.

« Les décisions qui sont prises doivent refléter l’impartialité et l’indépendance qui sont absolument essentielles », a conclu le Président de la CAF.

Ce dossier, qui entache le bilan d’une édition 2025 pourtant réussie sur le plan organisationnel, devrait désormais se déplacer sur le terrain juridique international si le Sénégal confirme sa saisine du TAS.

Betines Makosso

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