Le Congo-Brazzaville a voté ce dimanche lors d’une élection qui devrait prolonger de cinq ans supplémentaires le pouvoir du président de 82 ans, Denis Sassou Nguesso, déjà au pouvoir depuis plus de quatre décennies dans ce pays d’Afrique centrale riche en pétrole.
Six candidats se sont présentés face à Sassou Nguesso, mais la principale opposition était divisée et largement absente, ce qui devrait lui permettre de remporter un nouveau mandat de cinq ans.
L’ancien colonel parachutiste est déjà l’un des dirigeants africains restés le plus longtemps au pouvoir, aux côtés du président de la Guinée équatoriale Teodoro Obiang Nguema Mbasogo et du président camerounais Paul Biya.
Des observateurs estiment que la participation pourrait atteindre un niveau historiquement bas. Des journalistes de l’AFP ont constaté que certaines urnes n’étaient remplies qu’à moitié lorsque les bureaux de vote ont fermé à 18h00 (17h00 GMT).
Durant la campagne électorale, le président a parcouru le pays avec le soutien du parti au pouvoir, le Congolese Workers’ Party (PCT), appelant les électeurs à se rendre aux urnes.
Il a voté dans la matinée dans le district d’Ouenzé, dans la capitale Brazzaville, accompagné de soldats et accueilli par des centaines de partisans.
Accusations de persécution
Les quelques électeurs présents ont pour la plupart refusé d’être filmés ou de donner leur nom. Une femme âgée a toutefois accepté de s’exprimer en déclarant :
« Denis Sassou gagnera. »
« Il est normal pour un citoyen d’aller voter en se disant : “J’ai choisi le président Denis Sassou Nguesso, c’est lui qui apportera la paix” », a affirmé Georgine, membre du parti au pouvoir.
Mais dans le quartier d’opposition de Bacongo, Vivienne, 33 ans, a déclaré, comme de nombreux habitants, qu’elle ne voterait « jamais ».
« Nous sommes loin d’une démocratie », a-t-elle confié à l’AFP.
« Ici, si vous vous plaignez, on vous arrête. Je veux simplement un président qui mettra fin à nos difficultés. Cinq années supplémentaires de Sassou Nguesso, c’est une condamnation à mort. »
Lors de son dernier meeting électoral vendredi à Brazzaville, devant des milliers de partisans enthousiastes, Sassou Nguesso a mis en avant la question de la sécurité.
S’il peut affirmer avoir apporté une certaine stabilité au pays, les organisations de défense des droits humains l’accusent régulièrement de persécuter les militants de l’opposition.
Deux figures de l’opposition qui avaient participé à la campagne de l’élection de 2016, Jean-Marie Michel Mokoko et Andre Okombi Salissa, sont actuellement en prison, condamnées à 20 ans de détention pour avoir prétendument constitué une « menace pour la sécurité intérieure ».
Pétrole et gaz
Pendant sa campagne, le président a également mis en avant son bilan économique, affirmant avoir modernisé les infrastructures du pays et développé les secteurs du gaz et de l’agriculture afin de rendre le pays autosuffisant.
Le pétrole et le gaz représentent la majeure partie des revenus de l’État et soutiennent une croissance estimée à 2,9 % pour 2025.
Cependant, plus de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté.
Les critiques du gouvernement affirment que la croissance du pays a été affaiblie par d’importants détournements de revenus pétroliers de l’État au profit de hauts responsables.
Le gouvernement a d’ailleurs déjà fait l’objet de plusieurs plaintes et enquêtes judiciaires, notamment en France.
Bien que la réélection de Sassou Nguesso semble assurée, la Constitution lui interdit de se représenter en 2031, ce qui pose la question de sa succession.
Il a déclaré à l’AFP qu’il ne resterait pas « au pouvoir pour toujours » et que la jeune génération aurait sa chance, sans toutefois citer de successeur potentiel.
Sassou Nguesso a dirigé pour la première fois le Congo-Brazzaville sous un système à parti unique de 1979 à 1992, avant de perdre les premières élections multipartites. Il est ensuite revenu au pouvoir après une guerre civile en 1997.
Il a ensuite été réélu en 2002, 2009, 2016 et 2021, lors de scrutins que l’opposition a jugés ni transparents ni démocratiques.
Si tu veux, je peux aussi te faire un résumé journalistique court (5–6 lignes) comme pour un article de presse africaine.
AFP
