Parlement : les femmes élues en formation pour peser davantage sur l’action publique

Un atelier de formation et de renforcement des capacités des femmes parlementaires s’est ouvert ce mardi 10 mars au Palais Léon Mba. Organisée par l’Assemblée nationale en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), cette rencontre vise à doter les députées et sénatrices d’outils et d’une expertise susceptibles de renforcer leur contribution à l’élaboration des politiques publiques et au développement du Gabon.

Dans son discours d’ouverture, le président de l’Assemblée nationale, Michel Régis Onanga Ndiaye, a insisté sur la portée institutionnelle de cette initiative dans le contexte de la Cinquième République. « Siéger ne suffit pas. Vous n’êtes pas seulement les représentantes du peuple, vous êtes les sentinelles de l’équité et du progrès social », a-t-il déclaré.

Il a rappelé que le mandat parlementaire exige une parfaite maîtrise des procédures législatives, des mécanismes de contrôle de l’action gouvernementale et de l’évaluation des politiques publiques.

Le président de la chambre basse a également souligné que « cette formation vise à renforcer l’influence des femmes dans le processus décisionnel ». Selon lui, les parlementaires doivent être pleinement outillées pour transformer leurs convictions politiques en initiatives législatives concrètes et peser davantage dans les travaux des commissions permanentes et dans les débats parlementaires.

Intervenant à son tour, la représentante résidente du PNUD au Gabon, Rokya Ye Dieng, a salué l’engagement des institutions gabonaises en faveur de la participation des femmes à la vie politique. « Le thème “Femmes parlementaires au cœur du développement du Gabon” est en parfaite consonance avec la mission du PNUD », a-t-elle indiqué, estimant que la consolidation des compétences des élues constitue un levier important pour le renforcement de la démocratie.

Parmi les personnalités invitées à partager leur expérience figure la ministre d’État congolaise Ève Bazaïba Masudi. Devant les parlementaires gabonaises, elle a plaidé pour une participation accrue des femmes dans les instances de décision.

« Si la femme se bat pour être dans les instances de prise de décision, c’est pour y apporter une autre vision du développement », a-t-elle affirmé, avant d’ajouter : « Pour que l’oiseau vole, il a besoin de deux ailes. On ne peut pas utiliser une seule aile », illustrant la nécessité d’un équilibre entre hommes et femmes dans la gouvernance.

De son côté, la députée sénégalaise Aïssata Tall Sall, ancienne ministre des Affaires étrangères, a mis en avant les défis auxquels les femmes sont confrontées dans l’arène politique. « La politique n’est jamais une chose aisée. Quand les femmes décident de s’y investir, elles le font avec beaucoup de courage et de résilience », a-t-elle souligné.

Cette première journée des travaux s’est articulée autour de deux sessions thématiques consacrées au rôle du Parlement, à ses relations avec les populations et aux questions de genre, ainsi qu’au leadership et au développement.

À travers cet atelier, les organisateurs entendent renforcer les capacités des femmes parlementaires afin d’accroître leur influence dans la décision publique et dans la conduite des politiques de développement.

Christina Thélin Ondo

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