Gabon : le gouvernement dénonce des “contre-vérités” de Sylvia Bongo et annonce un forum citoyen sur les réseaux sociaux

Le ministre de la Communication et des Médias, Germain Bihadjow, a animé ce dimanche 8 mars une conférence de presse à Libreville consacrée à plusieurs sujets d’actualité nationale, notamment les accusations formulées par l’ancienne Première dame Sylvia Bongo Ondimba, la suspension des réseaux sociaux et les réformes engagées depuis le changement de pouvoir du 30 août 2023 conduit par le Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI).

En ouverture de son propos, le membre du gouvernement est revenu sur le contexte politique ayant suivi la prise de pouvoir des militaires. Il a rappelé que « l’acte historique posé par le CTRI le 30 août 2023 s’est déroulé sans effusion de sang, dans le seul objectif de préserver la stabilité de la nation et de restaurer les institutions de la République ». Selon lui, cette transition politique vise à répondre aux attentes exprimées par la population en matière de gouvernance et de fonctionnement des institutions.

Le ministre a également évoqué les réformes engagées par les autorités, en particulier dans les secteurs jugés prioritaires. Il a assuré que l’exécutif reste mobilisé sur les questions liées aux services de base, notamment l’accès à l’eau et à l’électricité.

« Le gouvernement reste pleinement mobilisé sur l’essentiel, c’est-à-dire l’amélioration concrète des conditions de vie des Gabonaises et des Gabonais », a-t-il déclaré, évoquant la volonté de moderniser les infrastructures et de résoudre les difficultés récurrentes dans ces domaines.

Abordant la suspension de certains réseaux sociaux décidée par la Haute Autorité de la Communication, Germain Bihadjow a annoncé l’organisation prochaine d’un forum citoyen consacré à la régulation de l’espace numérique.

L’objectif, a-t-il expliqué, est de « définir des mécanismes de modération fondés sur nos valeurs de respect et de dignité afin de préserver la cohésion sociale ». Les autorités prévoient également des discussions avec les grandes plateformes numériques, notamment TikTok, afin d’encadrer leur fonctionnement sur le territoire national.

Une large partie de la conférence de presse a été consacrée aux déclarations de Sylvia Bongo Ondimba sur France 24, dans lesquelles elle évoque des actes de violence et de torture durant sa détention.

Le gouvernement a rejeté ces accusations, affirmant que « l’ancienne Première dame, son fils Noureddine Bongo Valentin et leurs co-accusés ont bénéficié d’un traitement conforme aux règles de droit et au respect de la dignité humaine ». Le ministre a également dénoncé la diffusion de « contre-vérités amplifiées par certains médias occidentaux ».

Face à ces accusations, l’exécutif n’exclut pas des mesures à l’encontre de certains médias internationaux. « Si la diffusion d’informations insuffisamment vérifiées se poursuit, l’État gabonais se réserve le droit souverain de suspendre leur diffusion sur le territoire national à titre conservatoire », a prévenu Germain Bihadjow.

Le ministre a enfin appelé à un climat d’apaisement et de responsabilité dans le débat public. Il a estimé que la priorité reste la stabilité des institutions et la poursuite des réformes engagées pendant la transition.

Christina Thélin Ondo

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