La gare routière du PK7, 6ème arrondissement de Libreville, point de départ des bus à destination de l’Ogooué-Ivindo (nord-est), a été le théâtre d’un tragique incident le samedi dernier. Paulin Nkoume, étudiant en troisième année à l’Institut national de la jeunesse et des sports (Injs) et chargeur de bus à ses heures creuses, a perdu la vie à la suite d’une violente altercation pour une somme dérisoire de 500 Francs CFA. Ce meurtre, qui intervient trois semaines après une autre affaire tragique survenue au quartier ‘’Derrière la prison’’, dans le 1er arrondissement de Libreville, rappelle la gravité des conflits qui dégénèrent et relance la question inquiétante de la banalisation de la violence chez les jeunes.
Selon les premières informations recueillies, Paulin Nkoume, s’était rendu sur les lieux pour effectuer des activités de chargement de bagages, lorsqu’une dispute et la rixe éclatent avec un de ses compères.
Séparés par des témoins, les deux protagonistes semblaient avoir mis fin à leur différend. Mais quelques instants plus tard, le bourreau est revenu sur les lieux. Profitant d’un moment d’inattention de sa victime, assénant plusieurs coups de couteau à Paulin Nkoume, notamment à l’épaule et au flanc gauche.
Grièvement blessé, l’étudiant a été transporté en urgence à l’hôpital militaire où il a finalement succombé à ses blessures. Ce meurtre survient dans un contexte déjà tendu. Trois semaines plus tôt, un autre jeune avait été mortellement poignardé au quartier derrière la prison, également à la suite d’un différend portant sur une banale histoire de babouches.
La succession de ces histoires dramatiques relance les inquiétudes sur la montée des violences interpersonnelles, souvent déclenchées par des conflits mineurs. Derrière ces affaires invraisemblables, ce sont des carrières brutalement interrompues et de nombreuses familles entières brisées et endeuillées.
La répétition de ces actes violents interpelle sur la gestion des conflits, la frustration sociale et la précarité qui touche une partie de la jeunesse. Plus que jamais, les autorités et familles sont appelées à renforcer la sensibilisation à la non-violence, afin d’éviter que d’autres vies ne soient perdues pour des motifs dérisoires.
M.-O. Mignonne et Stone Ferrari Mikala
