La récente assemblée générale du syndicat Intelligentsia a ravivé les tensions dans l’enseignement supérieur. Insatisfaits des conclusions de la Commission tripartite mise en place par le gouvernement, présidée par le ministre de tutelle, Charles Edgar Mombo, les enseignants-chercheurs expriment leur profonde déception et menacent désormais d’actions radicales, y compris une grève illimitée et des blocages dans les universités et grandes écoles publiques du pays.

Le président du syndicat, Jean Mariole Kombila Yebe, a dénoncé des résultats « inacceptables » et une attitude jugée hostile du gouvernement face aux recommandations issues des sous-commissions. Selon lui, les promesses relatives aux carrières, à la situation administrative et aux revenus des enseignants-chercheurs restent sans suite tangible.
Un point cristallise particulièrement la colère : la situation de nombreux enseignants qui dispensent des cours dans les établissements publics sans percevoir la moindre rémunération. Intelligentsia s’érige contre cette précarité, jugée là aussi « inacceptable » et exige la mise en place immédiate de « pré-salaires » pour tous les concernés, y compris ceux admis au CAMES, toujours privés de soutien financier.
« Cette situation doit cesser », a martelé le Président et porte-parole d’Intelligentsia, avertissant que l’absence de mesures concrètes pourrait entraîner des grèves et des blocages généralisés dans l’ensemble des universités et grandes écoles du pays.
Cette posture combative rappelle à s’y méprendre celle du Collectif SOS Éducation dans l’enseignement de base, qui a multiplié les actions pour obtenir la régularisation des carrières et des intégrations. À l’image de ce collectif, Intelligentsia se présente comme une force alternative, déterminée à imposer une nouvelle dynamique syndicale pour la cause des enseignants et chercheurs.
Le syndicat parviendra-t-il à faire aboutir les revendications posées sans paralyser durablement le secteur de l’enseignement supérieur, face aux difficultés certaines qui accablent les finances publiques ? Rien n’est moins sûr.
Toujours est-il que le gouvernement est attendu sur sa capacité à relancer un dialogue effectif et à apporter des avancées rapides aux préoccupations des enseignants du supérieur.
M.-O. Mignonne et Darène Mabelle Ayingone
