Le Samu Social Gabonais a temporairement suspendu, depuis mardi à 18h00, l’ensemble de ses prises en charge gratuites. L’annonce a été faite par son coordonnateur général, le Dr Wenceslas Yaba, qui évoque un manque critique de moyens compromettant la sécurité et la qualité des soins.
Dans un message publié sur Facebook, le Dr Yaba a expliqué que cette décision vise à réaliser un inventaire complet des ressources humaines et matérielles.
« Pour ne jamais participer aux décès évitables (…) nous maintenons en vie nos compatriotes au forceps », a-t-il écrit, soulignant les difficultés rencontrées par les équipes face à la pénurie.
Il a également précisé « Nous espérons revenir rapidement vers nos patients après ce travail rigoureux, indispensable pour assurer une qualité de soins optimale ».
Sont concernés par cette suspension les consultations, les urgences à domicile, les soins néonataux, les hospitalisations ainsi que les interventions chirurgicales gratuites, notamment les opérations de la cataracte et les prises en charge en couveuse pour les nouveau-nés. Chaque jour, près de 2 500 patients bénéficient des services de l’organisation, dont environ 400 interventions gratuites à domicile via le numéro d’urgence 1488.
Depuis hier soir, les patients sont invités à se tourner vers les structures de santé publiques et privées pour assurer la continuité de leurs soins. Cette situation pourrait accentuer la pression sur les hôpitaux publics, déjà fortement sollicités, et suscite des inquiétudes chez les populations vulnérables qui dépendaient exclusivement de la gratuité des services.
Créé pour lutter contre les décès évitables, le Samu Social Gabonais s’est imposé ces dernières années comme un pilier du système d’urgence, en particulier pour les personnes démunies. Son modèle repose sur la gratuité des soins, la rapidité d’intervention et un maillage communautaire actif.
Tryphene Lembah
