Suspensions des réseaux sociaux au Gabon: le PDG redoute des tensions sociales

Le secrétariat exécutif du Parti démocratique gabonais (PDG), dans un communiqué dont Gabonactu a obtenu copie, manifeste son inquiétude quant à la suspension prolongée des réseaux sociaux, laquelle pourrait engendrer des tensions dans la société gabonaise.

« En suspendant l’usage des réseaux sociaux « jusqu’à nouvel ordre », le Parti redoute la montée d’une grogne sociale, aux conséquences incalculables. La levée de bouclier de la jeune génération dans d’autres pays, pour des motifs similaires, a déjà donné lieu à des crises politiques incontrôlables. D’où l’appel à plus de lucidité de la part de tous », a déclaré Eyang Beyeme, porte-parole du PDG.

Prenant acte de l’annonce faite par la Haute Autorité de la Communication (HAC), le PDG dit comprendre les motivations liées à la préservation de l’ordre public, notamment face à « l’usage malsain des réseaux sociaux » marqué par la diffusion de fausses informations, des atteintes à la vie privée et des contenus jugés contraires à la moralité publique. Le parti rappelle néanmoins que « les libertés publiques sont consacrées par l’article 14 de la Constitution du 19 décembre 2024 », insistant sur le caractère fondamental des libertés d’informer et de communiquer. Dans cette optique, il souligne que des mécanismes juridiques existent déjà pour sanctionner les abus, sans recourir à une suspension généralisée.

« Au-delà du caractère légitime ou non de la suspension sus-évoquée, la nécessité d’une régulation continue et équilibrée de l’écosystème numérique apparaît inévitable aujourd’hui. En ce sens, la HAC devra s’efforcer de réguler l’usage des réseaux sociaux, en faisant respecter non seulement l’État de droit, mais aussi l’expression des libertés publiques garanties. La mesure de suspension générale en cours traduit aussi la faiblesse des dispositions prises à ce jour pour mieux réguler un secteur aussi dynamique et fourmillant d’activités », a ajouté Eyang Beyeme.

Mais au-delà du principe, c’est surtout l’ampleur et la durée indéterminée de la mesure qui suscitent la perplexité du PDG. Le parti évoque une décision « non circonscrite dans le temps » et appelle à des alternatives plus ciblées, comme l’encadrement de certaines catégories d’utilisateurs jugés vulnérables. Il met également en garde contre les impacts économiques d’une telle suspension, dans un pays engagé dans la digitalisation de son administration et où de nombreux acteurs dépendent des plateformes numériques.

Le PDG plaide pour un usage responsable des réseaux sociaux, fondé sur « le dialogue, la tolérance et la paix », invitant gouvernants et citoyens à privilégier la régulation plutôt que la restriction systématique.

Camille Boussougou et Nkili Akieme

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error

Vous aimez l'article? Merci de le partager.