Il faut « lever le tabou » qui plane encore sur la vie sexuelle et affective des personnes en situation de handicap, estime dans un entretien à l’AFP mercredi la ministre déléguée, française, chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées Charlotte Parmentier-Lecocq.
Le « plan d’action » sur ce sujet, que la ministre chargée du Handicap présente avant de quitter son poste dans les prochains jours, ne prévoit rien en revanche sur la question des assistants sexuels, un « parti pris » qu’elle « assume complètement ».
Pourquoi un plan d’action?
Il s’agit de réaffirmer le droit des personnes en situation de handicap à pouvoir avoir une vie affective et une vie sexuelle comme tout un chacun.
Pour que ce droit soit pleinement réalisé il faut faire en sorte que le secteur médico-social soit bien formé et bien outillé. Or à l’heure actuelle, c’est assez disparate d’un établissement à l’autre, et la vie intime, affective et sexuelle reste encore trop souvent un tabou.
Les professionnels ne savent pas toujours très bien comment appréhender cette question, comment accompagner les personnes. Il était donc essentiel de proposer des clarifications.
Comment cela va-t-il se traduire concrètement ?
Je veux que les pratiques évoluent dans les établissements médico-sociaux. Une relation entre deux jeunes adultes est parfois tolérée, parfois évitée, trop rarement considérée.
Le plan affirme que les établissements médico-sociaux sont des lieux de vie donc que les personnes ont le droit d’avoir leur vie affective comme tout un chacun. Des supports de formation vont être créés à destination des professionnels pour qu’ils puissent être guidés et outillés.
Au-delà des professionnels, l’objectif c’est donner accès à une information accessible et adaptée pour les principaux concernés à savoir les personnes en situation de handicap, leurs familles et leurs accompagnants. Le plan s’attaque aussi à la question des violences sexuelles.
Que prévoit-il à ce sujet?
Les femmes en situation de handicap sont deux fois plus impactées par les violences parce qu’elles sont plus vulnérables. Nous devons réaffirmer un cadre où on entend la parole, y compris lorsque cette parole est difficile à comprendre, à entendre du fait du handicap.
J’ai souhaité notamment qu’on puisse donner un coup d’accélérateur aux démarches de communication alternative améliorée. Cette communication passe par exemple par des pictogrammes, des petites images qui permettent de désigner les parties du corps, qui permettent d’exprimer une douleur, de la localiser et d’en signifier la cause ou le responsable.
En parallèle, nous lançons le contrôle des antécédents judiciaires des professionnels qui interviennent auprès des personnes en situation de handicap. Nous pourrons ainsi prendre les mesures nécessaires pour éloigner toute personne dangereuse des personnes vulnérables auprès desquelles elle travaillait.
Le plan laisse de côté la question des assistants sexuels, pourquoi?
C’est un sujet qui est extrêmement clivant que je n’ai pas souhaité ouvrir. C’est un parti pris que j’assume complètement : il y a dans notre champ énormément de combats à mener, beaucoup d’énergie à engager, énormément de chantiers à faire avancer. Pour les personnes et les familles qui sont parfois démunies, les centres Intimagir vont permettre de diffuser de l’information et donner des outils qui contribueront à clarifier les choses.
AFP
