Investi par son parti, le Mouvement républicain (MR), à l’issue du congrès tenu en décembre dernier à Brazzaville, Melaine Destin Gavet Eléngo est officiellement candidat à l’élection présidentielle prévue le 15 mars 2026 en République du Congo. 35 ans, Ingénieur géologue pétrolier, Destin Gavet a fait acte de candidature jeudi, auprès des services compétents de la Direction générale des affaires électorales (DGAE), sous tutelle du ministère de l’Intérieur. Les candidats sont suspendus au verdict attendu dans une semaine pour savoir s’ils seront maintenus ou non dans les starting-blocks.
Sur place à Brazzaville, tout comme sur le continent et dans l’hexagone de nombreux éditorialistes considère Destin Gavet comme l’un des principaux challengers du président sortant, Denis Sassou Nguesso, en raison de sa constance, son courage politiques, sa fraîcheur physique ; ainsi son discours incisif et au vitriol à l’égard de la gouvernance actuelle du pays qu’il juge « chaotique, erratique ».
Aux yeux de la jeunesse congolaise, il apparait comme le symbole même du renouvellement de la classe politique tant souhaité, dans un pays où plus de la moitié de la population à moins de trente (30) ans ; alors que le chômage des jeunes est endémique et les offres de formation sont inadaptées au marché du travail en pleine mutation.
La création des emplois pour les jeunes et les réformes du système éducatif et universitaire, constitue notamment la pierre angulaire des promesses du candidat Destin Gavet dans son projet de société, exposé avec méthode et clarté dans son livre de conquête du pouvoir ‘’Le changement vers un Congo prospère’’, récemment publié et disponible sur ‘’Amazon’’.
Programme de gouvernance
En plus de la lutte contre le chômage, Destin Gavet entend également tordre le cou au tribalisme rampant dans son pays. Il promet également la restauration de la justice ; la diversification de l’économie ; la transformation locale des matières premières ; la mise en place d’un véritable système de santé ; ainsi que l’eau et l’électricité pour tous. Mais pas seulement.

Farouche opposant à Denis Sassou Nguesso, emprisonné plus d’une fois, Melaine Destin Gavet Eléngo n’est pas à son premier essai dans la course à la magistrature suprême à Brazzaville. Il avait déjà été recalé, pour défaut d’âge (il n’avait pas 30 ans échus, comme l’exige la constitution congolaise), lors de la présidentielle de 2021.
Il s’était alors rangé derrière feu l’opposant ‘’radical’’, Guy Brice Parfait Kolélas, de l’UDH – YUKI, décédé en pleine élection, dans des conditions jugées nébuleuses par de nombreux observateurs.
« Le président Sassou a raté l’occasion de sortir par la grande porte. Nous allons le faire sortir par la fenêtre. Sa gestion est hasardeuse et opaque sur toute la ligne », a assène Destin Gavet qui considère l’échéance du 15 mars prochain, non pas comme une élection présidentielle. « Le peuple doit se préparer à un référendum constitutionnel : Le Oui pour la continuité de la médiocrité et le Non pour le changement », ironise-t-il.
Outre Melaine Destin Gavet Elengo et Denis Sassou Nguesso (le président sortant, 82 ans et 42 ans de règne), les dossiers de 5 autres candidats ont été reçus par la Direction générale des affaires électorales pour la présidentielle du 15 mars prochain.
Pour être éligible à la présidence de la République du Congo, il faut notamment présenter un certificat de nationalité ; un certificat médical délivré par trois médecins assermentés, désignés par la Cour constitutionnelle et un récépissé de versement au trésor public d’un cautionnement de vingt cinq millions (25 000 000) de Francs CFA, non remboursables.
M.-O. Mignonne
