Dans une communication parue dans le magazine Forbes, Mégane Kouna*, Fondatrice en 2022 de Talex société, spécialisée dans la traçabilité et le contrôle de la production minière, propose un système intégré de suivi en temps réel des volumes des ressources minières extraites, transportées et exportées. Au moment où le Gabon ambitionne de faire du secteur minier un levier majeur de diversification économique, avec l’interdiction de l’exportation du manganèse brut dès le 1er janvier 2029, la question du contrôle de la production et de la transparence des revenus s’impose comme un enjeu stratégique.
Il s’agit, à travers la démarche suggérée, de « permettre à l’État de savoir exactement ce qu’il produit, ce qu’il exporte et ce qu’il perçoit en recettes fiscales », précise Mégane Kouna, PDG de la société Talex. Cette approche relie directement les données de production aux obligations fiscales des compagnies minières, limitant ainsi les fraudes et les pertes financières.
Pour elle, c’est un véritable outil de gouvernance : des informations fiables permettent à l’État de renégocier ses contrats, d’imposer la transformation locale des minerais et d’orienter le développement industriel du secteur. « Notre objectif dépasse le simple contrôle technique », explique-t-elle.
Deuxième producteur mondial de manganèse, le Gabon continue de perdre chaque année des dizaines de milliards de Francs CFA à cause d’un déficit de contrôle de sa production minière.
Sous-déclarations, exonérations fiscales injustifiées, suivi quasi inexistant des exportations : le secteur extractif souffre d’un manque de transparence qui freine sa contribution réelle au développement national, affirme Mégane Kouna, PDG de la société Talex, qui éclaire sur les enjeux d’une révolution silencieuse dans le secteur minier gabonais.
Le déficit de contrôle dans le secteur minier représente une perte annuelle estimée à 50 milliards de Francs CFA pour l’orpaillage et pourrait dépasser 80 milliards de Francs CFA si l’on inclut l’ensemble des minerais. Au-delà des finances publiques, ces manquements compromettent la planification économique, la création d’emplois et la protection de l’environnement.
« Sans traçabilité, il est impossible de vérifier le respect des normes de sécurité, des engagements environnementaux ou des contributions aux communautés locales. La transparence est la clé pour transformer le secteur minier en levier de développement durable », rappelle Mégane Kouna.
Pour le Gabon, maîtriser ses données de production est un levier stratégique. Cela permet de renforcer la position de l’État dans la chaîne de valeur, d’exiger des obligations de transformation locale et de favoriser les entreprises nationales dans la logistique et les services miniers.
Grâce à l’expertise de Talex, le pays pourrait devenir un modèle africain de gouvernance minière, où innovation technologique rime avec souveraineté économique.
Mégane Kouna incarne cette nouvelle génération d’entrepreneures gabonaises déterminées à transformer la transparence en richesse nationale. Pour elle, il ne s’agit pas seulement de compter des minerais : il s’agit de rendre au Gabon ce qui lui revient de droit.
Féeodora Madiba et Tryphène Lembah
