Conflit homme-faune : le Gabon accélère la riposte face aux incursions d’éléphants

Réunis à Libreville, les partenaires du projet de coexistence pacifique entre l’homme et l’éléphant ont dressé un bilan largement positif de la première phase. Avec plus de 1 000 clôtures électriques déjà installées, le gouvernement gabonais annonce une montée en puissance du dispositif pour répondre à une demande sociale de plus en plus pressante.

Présidée par le ministre des Eaux et Forêts, de l’Environnement, du Climat, chargé du Conflit Homme-Faune, Maurice Ntossui Allogo, la deuxième réunion du Comité de pilotage du projet « Coexistence pacifique entre l’Homme et l’Éléphant » a mis en lumière des résultats jugés exceptionnels. Entre mars et décembre 2025, 1 028 clôtures électriques mobiles ont été déployées à travers les neuf provinces du pays, soit 114 % de l’objectif initialement fixé. Une performance qui bénéficie directement à plus de 13 000 personnes, tout en sécurisant les exploitations agricoles régulièrement menacées par les éléphants.

Fort de ces avancées, le membre du gouvernement a toutefois alerté sur l’ampleur des attentes des populations. Plus de 2 600 demandes restent en souffrance pour moins de 800 unités disponibles dans la phase actuelle. Face à cette pression, le ministre a instruit la préparation d’une phase 2 plus ambitieuse, avec le déploiement d’au moins 2 000 nouvelles installations et l’ouverture de trois bases provinciales supplémentaires dans le Moyen-Ogooué, l’Ogooué-Lolo et le Woleu-Ntem. Un accent particulier sera également mis sur la maintenance des équipements et la formation des bénéficiaires, afin de garantir la durabilité du dispositif.

Lancé officiellement le 24 mars 2025, le projet de coexistence pacifique entre l’homme et l’éléphant est financé à hauteur de 10 millions de dollars américains par l’Initiative pour les Forêts d’Afrique Centrale (CAFI). Mis en œuvre en partenariat avec le gouvernement gabonais, la Wildlife Conservation Society (WCS) et l’organisation Space for Giants (SfG), il vise à réduire durablement les conflits homme-faune, notamment liés aux destructions de cultures. Dans un pays qui abrite l’une des plus importantes populations d’éléphants de forêt au monde, cette stratégie s’impose comme un levier clé pour concilier protection de la biodiversité, sécurité alimentaire et stabilité sociale.

Nkili Akieme

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