Jean Gaspard Ntoutoume Ayi ne fait l’objet d’aucune procédure de levée de son immunité parlementaire (avocat)

Maître Anges Kevin Nzigou, avocat du député Jean Gaspard Ntoutoume Ayi a affirmé dans un communiqué que l’affaire opposant son client à Maître Gisèle Eyue Bekalé, avocate au barreau du Gabon n’a nullement été renvoyée au rôle général à la demande du ministère public, encore moins en vue d’une prétendue procédure de levée de l’immunité parlementaire du député Ntoutoume Ayi.

« Contrairement à ce qui est affirmé, l’affaire n’a nullement été renvoyée au rôle général à la demande du ministère public, encore moins en vue d’une prétendue procédure de levée de l’immunité parlementaire de monsieur Ntoutoume Ayi », peut-on lire dans le communiqué à travers lequel, Me Nzigou a tenu à « réagir avec la plus grande fermeté à l’article publié le 5 février 2026 sous le titre : « Justice : Jean Gaspard Ntoutoume Ayi menacé par une levée de son immunité parlementaire ». L’article de presse visé est paru dans le média en ligne Gabonactu.com.

« Cet article contient des inexactitudes factuelles graves et des contre-vérités juridiques manifestes, de nature à induire l’opinion publique en erreur et à porter atteinte à l’honneur de notre client », poursuit le communiqué.

Selon le texte, la réalité est simple, vérifiable et consignée au plumitif d’audience : la partie poursuivante, Maître Gisèle Eyue Bekalé, ne s’est pas présentée à l’audience, et ce à la suite de plusieurs renvois pour le même motif, et n’était représentée par aucun conseil. Cette carence procédurale a, à elle seule, justifié le renvoi de la procédure au rôle général. « Toute autre présentation relève de la pure invention », précise le communiqué.

« Il est juridiquement erroné d’affirmer que le parquet aurait requis un renvoi afin d’engager une procédure de levée de l’immunité parlementaire », martèle le document.

Le communiqué explique que la procédure engagée par Maître Eyue Bekalé est une citation directe par voie d’huissier. Dans ce cadre précis, le ministère public n’est pas poursuivant, mais partie jointe, conformément aux principes élémentaires de la procédure pénale. Il n’a ni l’initiative de l’action, ni la maîtrise de son orientation.

« Dès lors, prétendre que le procureur aurait sollicité un renvoi pour permettre l’engagement d’une procédure de levée d’immunité est factuellement faux et juridiquement absurde », soutient Me Nzigou.

« À supposer même qu’une telle question se pose — ce que nous ne redoutons nullement — elle ne pourrait relever que de la partie poursuivante, et non du ministère public dans le cadre d’une citation directe », explique-t-il.

Le communiqué soutient qu’aucune juridiction n’a constaté ou envisagé à l’audience une levée, provisoire ou définitive, de l’immunité parlementaire de Monsieur Ntoutoume Ayi.

« Parler de « menace » relève d’une construction médiatique sans fondement judiciaire », relève le communiqué en référence au titre de l’article de presse visé.

«Nous rappelons que l’immunité parlementaire n’est ni un privilège personnel ni un obstacle à la justice, mais une garantie constitutionnelle strictement encadrée, qui ne saurait être invoquée ou levée sur la base de spéculations journalistiques », ajoute le communiqué.

Le Cabinet de Me Nzigou s’interroge sérieusement sur les conditions dans lesquelles un tel article a pu être publié sans vérification minimale des faits d’audience, des règles de procédure applicables et du rôle exact des acteurs judiciaires.

« Monsieur Jean Gaspard Ntoutoume Ayi demeure serein et confiant dans l’institution judiciaire. Il se réserve toutefois le droit de tirer toutes les conséquences légales de la diffusion d’informations inexactes portant atteinte à son honneur et à sa réputation », conclu le communique qui vaut mise au point officielle, selon son auteur.

Pour rappel, Me Gisèle Eyue Bekalé poursuit Me Ntoutoume Ayi en justice suite à une publication sur les réseaux sociaux, en lien avec l’une des vidéos tournées en caméra cachée par Noureddin Bongo Valentin, fils de l’ancien président Ali Bongo Ondimba.

Au lendemain de la diffusion de la vidéo filmée clandestinement dans le bureau d’un juge d’instruction, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi avait publié sur sa page Facebook un message jugé « choquant et d’une extrême gravité » par Me Gisèle Eyue Bekalé. Le parlementaire y affirmait notamment : « Un avocat qui enregistre clandestinement et diffuse publiquement une audience du juge d’instruction s’expose à des sanctions pénales et disciplinaires. En plus de l’amende et de la peine de prison pour atteinte à la vie privée, il peut être radié du barreau ».

S’estimant visée par cette déclaration, Me Gisèle Eyue Bekalé a décidé de porter plainte pour diffamation par voie de presse, affirmant ne pas être l’auteure de la vidéo incriminée, laquelle avait profondément ébranlé la justice gabonaise et l’opinion publique.

Bien que son nom ne soit pas expressément cité dans la publication, l’avocate estime que le message la concerne directement, établissant un lien avec la vidéo diffusée par son client, Noureddin Bongo Valentin. Ce dernier avait d’ailleurs reconnu publiquement être l’auteur de l’enregistrement réalisé dans le bureau du juge d’instruction lors de son audition.

Lors d’une audience mardi, l’affaire a bien été renvoyée au rôle général.

Affaire à suivre !

Camille Boussoughou

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