ANINF: 15 ans au service du numérique gabonais

Le DG de l’ANINF, Alberto Wenceslas Mounguengui Moudoki durant son allocution © Gabonactu.com

Placée sous la tutelle du ministère de l’Économie numérique, l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (ANINF) a marqué, mardi 27 janvier 2026 à Libreville, ses quinze années d’existence. Une date anniversaire célébrée sous le thème « 15 ans au service du numérique gabonais », qui a dépassé le cadre d’une simple commémoration pour s’imposer comme un moment de clarification stratégique sur la place du numérique dans la gouvernance de l’État gabonais.

Réunis autour de la direction générale, agents et responsables de l’ANINF ont revisité le chemin parcouru depuis 2011. Mais au-delà du bilan, le Directeur général, Alberto Wenceslas Mounguengui Moudoki, a surtout projeté l’institution dans un nouveau cycle, celui de la maturité, de la responsabilité et de la souveraineté numérique.

D’un outil technique à un acteur stratégique de l’État

À sa création, l’ANINF se positionnait comme un levier technique au service de la modernisation administrative. Son slogan de l’époque, « vecteur du développement numérique », traduisait une priorité : bâtir les infrastructures, créer les capacités et installer une culture numérique au sein de l’administration.

Quinze ans plus tard, le contexte a profondément évolué. Accélération technologique, dépendances numériques, centralité des données et montée des cybermenaces imposent un changement d’échelle.

Pour le patron de l’ANINF, « depuis 2024, nous avons choisi de ne plus être seulement un vecteur, mais un bâtisseur. Nous construisons une souveraineté numérique ».

Cette souveraineté, selon l’ANINF, se définit comme la capacité de l’État à maîtriser ses infrastructures, ses systèmes, ses fréquences, ses données, sa sécurité et, au fond, ses décisions stratégiques.

Quatre fondations pour un État numérique souverain

Le discours du Directeur général a décliné cette ambition autour de quatre piliers structurants.

Le premier est la continuité de l’État, incarnée par la fiabilité des services numériques. « Un service critique qui tombe n’est pas seulement une panne, c’est une perte de confiance et parfois une vulnérabilité nationale », a-t-il souligné.

Le deuxième pilier concerne la gouvernance des données, considérées comme un patrimoine stratégique devant être organisé, protégé, tracé et exploité au service de la décision publique.

Les agents de l’ANINF appreciant  à juste titre le discours de leur patron © Gabonactu.com

Le troisième pilier est la cybersécurité, présentée comme une condition de fonctionnement des systèmes et non comme un simple ajout technique.

Enfin, le quatrième pilier repose sur la maîtrise des compétences, la souveraineté numérique étant avant tout portée par des femmes et des hommes formés, encadrés et soumis à une discipline opérationnelle exigeante.

Entrer dans la maturité de l’action publique numérique

Après quinze années consacrées à la construction des bases, l’ANINF affirme entrer dans une phase de maturité. L’enjeu n’est plus d’accumuler des projets numériques, mais de garantir une transformation cohérente, interopérable et mesurable.

« Un État moderne ne peut pas être une addition de solutions isolées », a rappelé le Directeur général, appelant à une transformation pilotée et gouvernée. Dans cette perspective, l’ANINF ambitionne de piloter l’architecture numérique de l’État et de garantir la confiance dans les services numériques publics.

La décentralisation numérique comme nouveau cap

Autre orientation majeure : l’extension de la transformation digitale à l’ensemble du territoire national. Si Libreville a concentré les premiers efforts, cette approche ne saurait suffire à l’heure de la décentralisation.

« La transformation digitale ne peut pas rester un privilège géographique », a insisté le DG, soulignant que la loi sur la décentralisation, dont l’entrée en vigueur complète est prévue pour 2026, confère de nouvelles responsabilités aux collectivités locales.

L’ANINF anticipe ainsi un déploiement structuré dans les capitales provinciales, fondé sur un socle commun de solutions, des référentiels partagés, le Réseau de l’Administration Gabonaise (RAG), une sécurisation intégrée et un effort soutenu de formation et d’accompagnement.

Trois engagements pour consolider l’avenir

À l’occasion de ce quinzième anniversaire, le Directeur général a pris trois engagements clés à savoir : renforcer la résilience opérationnelle et la continuité des services numériques critiques ; imposer une discipline accrue de la qualité et des standards et investir durablement dans le capital humain, la professionnalisation et la transmission des compétences.

Bâtir, transmettre et servir l’État

Le discours a également été marqué par une forte dimension de transmission, avec la volonté exprimée de préparer une relève issue de l’institution elle-même.

« La souveraineté numérique ne se décrète pas, elle se transmet », a rappelé le Directeur général, avant de rendre un hommage appuyé aux agents appelés à faire valoir leurs droits à la retraite en 2026.

À quinze ans, l’ANINF affiche ainsi une ambition claire : ne plus seulement exister, mais de délivrer, avec fiabilité, sécurité et cohérence, les fondations numériques de l’État gabonais, dans la vision portée par le Président de la République, Chef de l’État et Chef du Gouvernement, Brice Clotaire Oligui Nguema.

Antoine Relaxe

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