Dr Jean Claude Nkou conférencier congolais a partagé des réflexions importantes sur le rôle croissant de l’intelligence artificielle (IA) dans le journalisme africain et son impact sur la démocratie. Au cours de son intervention, il a soulevé des questions cruciales sur la crédibilité des informations et le positionnement des journalistes dans un paysage médiatique en évolution rapide.
Dr Claude a d’abord mis en avant la thématique centrale des assises : l’IA est-elle un simple outil ou risque-t-elle de remplacer les journalistes ? Selon lui, il est impératif que les journalistes s’approprient ces nouvelles technologies pour améliorer l’efficacité de leur travail et garantir la véracité de l’information. Il a insisté sur le fait que, même si l’IA peut produire des contenus avec une précision étonnante, elle ne doit pas remplacer le jugement humain et l’éthique journalistique. «Nous sommes avant tout des journalistes.Oui, nous sommes aujourd’hui augmentés, ajoutés par les outils d’intelligence artificielle. Ces outils ne sont pas anodins. Ils sont des outils extrêmement sophistiqués.» a t-il déclaré.
L’un des enjeux majeurs soulevés par Dr Claude est la difficulté de distinguer les contenus créés par l’IA de ceux produits par des humains. Avec des outils d’IA de plus en plus sophistiqués, il devient difficile pour les journalistes et le public de vérifier l’authenticité des informations. «En tant que lecteur, mais aussi en tant que journaliste, parfois pour nous, c’est difficile de dire est-ce que tout ça est vrai ou tout ça est faux. Donc vous comprenez qu’en termes journalistiques, on se retrouve quand même face à un enjeu incroyable. On ne sait pas si une information produite, elle est vraie ou elle est fausse».
Cela soulève des préoccupations quant à la propagation de fausses informations, notamment à travers des deepfakes, qui peuvent manipuler l’opinion publique et menacer la démocratie.Il a souligné que l’IA peut automatiser de nombreux aspects du cycle de production de l’information, de la collecte à l’analyse, mais cela pose des questions sur la responsabilité des journalistes. «En effet, comment garantir que l’information diffusée est fiable et vérifiée ? » s’est-il interrogé.
Les journalistes doivent donc développer des compétences pour interagir efficacement avec l’IA, et ont la responsabilité de vérifier l’authenticité des informations, surtout dans un contexte où des deepfakes peuvent facilement tromper le public. s’assurant que les contenus générés respectent les normes éthiques et journalistiques.Il a partagé une anecdote frappante sur une élection présidentielle en Afrique de l’Ouest, où une image manipulée a failli provoquer un scandale. Heureusement, la Commission électorale a pu prouver que l’image était un faux, soulignant l’importance cruciale de la vérification des faits.
Dr Claude a insisté sur le fait que l’avenir du journalisme dépendra de la capacité des journalistes à s’adapter aux nouvelles technologies tout en restant fidèles à leur mission de recherche de la vérité. Il a encouragé les journalistes à devenir des experts dans l’utilisation de l’IA, en apprenant à lui donner des instructions précises et en validant les informations produites. Ainsi, ils pourront continuer à jouer un rôle essentiel dans la défense de la démocratie et la liberté d’expression en Afrique.
Lumière Dodo Frida
