Réunis en assemblée générale ce samedi, au quartier Awéndjé, dans le 4ème arrondissement de Libreville, à l’appel d’un des factions du Collectif SOS Education, qui croit bénéficier de la légitimité et des principaux syndicats du secteur, dont le SENA (Syndicat de l’éducation nationale), les enseignants se sont prononcés, à une écrasante majorité, pour la poursuite du mouvement de grève qui paralyse l’école gabonaise depuis deux semaines déjà.

Le slogan « cette fois-ci, tout ou rien », est revenu maintes fois dans les déclarations et prises de parole au cours de cette assemblée générale où les participants ont jugé insuffisantes, les avancées enregistrées au sein de la Commission interministérielle de crise sur les différentes revendications du corps enseignant qui les qualifient d’effets d’annonce, sans impact réel.
dénonçant différentes formes d’intimidations et autres pressions, ’’la base’’ a clairement réaffirmé ses attentes et fait savoir qu’elle attend des mesures concrètes et le traitement intégral du cahier des charges avant d’opter pour reprendre les cours et enseignements sur l’ensemble du territoire national.
« Nous faisons face aux menaces, mais nous ne céderons pas. Il n’y a eu aucune négociation, car ceux qui ont été envoyés nous ont trahis. Ils ont utilisé le titre de SOS Éducation pour se rendre au Palais présidentiel. Nous ne souhaitons plus négocier. Nous voulons obtenir des résultats concrets, sinon rien : No money, No school », a tempêté Marcel Libama, leader syndical et une des voix les plus écoutées de SOS éducation.
« Nous disons que c’est toujours là même danse, c’est juste la chanson qui change. Nous allons continuer la course et cette fois-ci c’est tout ou rien. Enseignants, secouez le cocotier et le coco va tomber. Si le coco ne tombe pas, on va changer de stratégie », a déclaré Simon Ndong Edzo, enseignant retraité, une des plus anciennes figures de proue du monde syndical dans le secteur de l’éducation nationale.
À l’issue de cette assemblée, SOS Éducation a décidé de mener des actions de sensibilisation et de pression sur les décideurs politiques. Des manifestations sont déjà prévues pour la semaine prochaine pour maintenir la pression sur l’État et obtenir des réponses à leurs revendications. Aucune reprise des cours n’est donc envisagée pour ce lundi 19 janvier 2026.
Les revendications des enseignants portent notamment sur la régularisation des situations administratives latentes depuis des années, le paiement intégral des rappels de solde et l’amélioration des conditions d’exercice dans des établissements souvent surchargés.

Mais, au-delà des revendications salariales, sociales et corporatistes, les enjeux de ce bras révèlent une crise de confiance profonde entre l’État et les enseignant.
Alph ’-Whilem Eslie, Frida Dodo et Stone Ferrari Mikala
