Interpellé depuis hier aux environs de 11 heures, le journaliste Roland Olouba Oyabi a passé la nuit au B2, sans qu’aucune information officielle ne soit communiquée sur les motifs exacts de son arrestation. Une situation qui suscite interrogations et inquiétudes, d’autant plus qu’une délégation de la Haute Autorité de la Communication (HAC) dit avoir été éconduite lors de sa démarche d’information.
Selon les informations recueillies, Roland Olouba Oyabi a effectivement dormi au B2 après son interpellation. Soucieuse de comprendre les raisons de cette mesure visant un professionnel des médias, une délégation de la Haute Autorité de la Communication s’est rendue sur place. Objectif : s’informer officiellement sur les faits reprochés au journaliste. Mais, d’après une source proche de la HAC, la délégation aurait été accueillie avec mépris, avant de quitter les lieux sans la moindre information, visiblement très déçue de l’attitude observée.
La délégation justifie sa démarche par son rôle institutionnel de régulateur et de modérateur de la communication au Gabon. Chaque fois qu’un journaliste est interpellé, les chancelleries et les diplomates nous consultent pour comprendre la situation. C’est donc à ce titre qu’elle s’est rendue au B2, afin d’identifier clairement les griefs éventuels contre Roland Olouba. En vain. Plus de vingt-quatre heures après son interpellation, aucune communication officielle n’a été faite, laissant planer un flou total sur les raisons réelles de cette affaire, au moment même où les attentes de transparence restent fortes dans l’opinion.
Journaliste et Directeur de la publication de Gabon Mail Info (GMI), interpellé en fin de matinée, ce jeudi 15 janvier 2026, serait encore retenu dans les locaux de la Direction générale de la contre-ingérence et de la sécurité militaire (DGCISM), communément appelé B2. Le cas de Roland Olouba Oyabi n’est pas isolé. En octobre 2025, Harold Léckat Igasséla, Directeur de la publication de Gabon Média Time (GMT), avait été interpellé dans des circonstances similaires avant d’être placé sous mandat de dépôt à la Prison centrale de Libreville cinq jours plus tard, provoquant une vague de réactions au sein de la corporation des journalistes et de l’opinion publique. Ces affaires successives alimentent le sentiment d’une pression croissante sur les médias, d’autant plus que les interpellations se déroulent souvent sans communication officielle immédiate sur les faits reprochés.
Liberté de la presse en danger.
La Rédaction
