Pierre Claver Manganga Moussavou, ancien Vice-président et plusieurs fois ministre, a, au cours d’une conférence de presse, partagé son avis sur la peine de mort pour les coupables de crimes de sang, proposant une peine indéfinie. Plutôt que de revenir sur la peine capitale, un débat qui fait davantage écho, l’ancien Maire de Mouila, suggère des peines alternatives de très longue durée, allant jusqu’à 200 ou 400 ans, sans possibilité de réduction.
« On peut condamner certaines personnes à des peines extrêmement lourdes, par exemple de 200 à 400 ans de prison, sans possibilité d’aménagement. Ainsi, elles purgeraient effectivement leur peine jusqu’à la fin de leur vie, mais ressortir la peine de mort sans qu’on ne nous dises combien on a assassiné, qu’ils sont en prison, c’est la distraction » a t-il déclaré d’emblée.
Manganga Moussavou interroge la véritable efficacité de la peine de mort en soulignant que les « coupables des tueries » sont souvent protégés par des intérêts politiques. « Ces coupables de tueries vivent avec les hommes politiques. On les connaît », a-t-il affirmé, montrant que la peine de mort pourrait être utilisée comme une distraction pour détourner l’attention des véritables problèmes de la société.
Le Président du Parti Social Démocrate (PSD) rappelle que la France, en tant que pays ayant aboli la peine de mort et ami du Gabon, accepterait difficilement que le Gabon, qui a également aboli cette pratique, revienne en arrière. Une profonde et lucide réflexion devrait alors être engagée autour de la question selon lui.
Manganga Moussavou insiste également sur le fait que ceux qui jugent ne doivent pas être impliqués dans des crimes similaires. « Ce n’est pas le magistrat qui condamne, c’est la société qui condamne » affirme-t-il, soulignant la nécessité d’une justice collective et responsable. Il appelle à une réflexion sur les véritables coupables et à la nécessité de les condamner sévèrement.
Frida Dodo
