Suspendue au lendemain de l’élimination des Panthères du Gabon à la CAN 2025, l’équipe nationale de football reprend officiellement ses activités. La décision, levée après seulement douze jours, relance le débat sur la cohérence et la portée réelle des réformes annoncées par les autorités.
La suspension de l’équipe nationale de football du Gabon, décidée le 31 décembre dernier après la défaite face à la Côte d’Ivoire lors du dernier match de poule de la CAN 2025, n’aura finalement été que de courte durée. Selon des informations communiquées par la Fédération gabonaise de football (Fegafoot) et relayées par le quotidien L’Union, les autorités ont mis fin à cette mesure exceptionnelle, marquant ainsi la reprise des activités des Panthères. À l’époque, l’État avait annoncé la résiliation du contrat du staff technique et la mise à l’arrêt de la sélection « jusqu’à nouvel ordre », invoquant la nécessité d’une remise à plat en profondeur du football national.
Cependant, moins de deux semaines après cette annonce, aucune communication officielle détaillée n’est venue éclairer l’opinion sur les conclusions tirées de cette période de suspension. Aucun bilan public n’a été présenté sur l’état des lieux promis, ni sur les réformes structurelles censées corriger les dysfonctionnements récurrents du football gabonais. Cette levée rapide de la sanction suscite des interrogations, tant sur la méthode employée que sur la capacité des autorités à transformer l’indignation populaire en un véritable projet de refondation durable.
Depuis plusieurs années, le football gabonais est régulièrement secoué par des contre-performances sportives et des crises de gouvernance, alimentant la frustration des supporters et des observateurs. L’élimination précoce à la CAN 2025 n’a fait que raviver ce malaise, poussant l’État à poser un acte fort en suspendant l’équipe nationale. La reprise rapide des activités, sans annonces majeures de réformes, replace désormais le débat sur l’essentiel : la nécessité d’engager des changements structurels crédibles, seuls capables de redonner stabilité, lisibilité et compétitivité au football gabonais sur le long terme
Nkili Akieme
