Face à un chômage des jeunes qui atteint des niveaux préoccupants, Manganga Moussavou, ancien ministre de la Planification, a présenté dimanche 11 janvier 2026 une initiative ambitieuse susceptible de transformer durablement le paysage de l’emploi au Gabon.
Son projet repose sur la création de 5 000 fermes-villages, chacune dotée d’une superficie d’au moins 100 hectares, avec la possibilité d’extension. Chaque unité agricole pourrait employer dix jeunes, soit un potentiel de 50 000 emplois directs à l’échelle nationale. Une perspective qui place l’agriculture au cœur de la réponse à la crise de l’emploi des jeunes.
Au-delà de la production agricole, ces fermes-villages se veulent de véritables pôles de formation et d’apprentissage. Les bénéficiaires y recevraient des enseignements pratiques en techniques agricoles modernes, en gestion des ressources, ainsi qu’en entrepreneuriat rural. L’objectif affiché est de doter la jeunesse gabonaise de compétences durables, favorisant leur autonomie économique et leur insertion professionnelle.
« Je souhaite que nous puissions nous fixer comme objectif la création de 5 000 fermes-villages. Je parle de fermes-villages parce qu’elles sont appelées à se développer. Chaque ferme disposerait d’au moins 100 hectares protégés. Cela peut aller jusqu’à 200 hectares, mais 100 hectares constituent déjà une base solide », a-t-il déclaré.
Cette initiative présente plusieurs avantages majeurs. Elle contribuerait à la création massive d’emplois, au renforcement de la production locale, ainsi qu’à la réduction de la dépendance alimentaire du pays. Par ailleurs, l’adoption de pratiques agricoles durables permettrait de concilier développement économique et préservation de l’environnement.
Manganga Moussavou plaide également pour une diversification des activités agricoles au sein des fermes-villages. Il propose notamment d’y développer des élevages bovins et caprins, des poulaillers de chair, ainsi que des projets de pisciculture, rendus possibles par la proximité des cours d’eau.
« Nous pourrions consacrer une part importante de nos ressources au développement de petits élevages et à la pisciculture, en utilisant les eaux disponibles à proximité des sites », a-t-il précisé.
Conscient des défis liés à la mise en œuvre d’un tel programme, l’ancien ministre appelle l’État à jouer un rôle central en facilitant l’accès aux financements, en allégeant les procédures administratives et en encourageant une collaboration étroite entre les secteurs public et privé. Selon lui, seul un engagement collectif permettra de faire de ce projet un véritable levier de transformation sociale et économique.
Frida Dodo
