Alors que les négociations se poursuivent avec le Comité interministériel de crise institué par le Vice-président du Gouvernement, Hermann Immongault, les leaders syndicaux du secteur éducation nationale, rassemblés au sein de la plate-forme SOS Education, ont appelé les enseignants grévistes à demeurer ferme dans la position de grève jusqu’à l’aboutissement total des revendications contenues dans leurs différents cahiers des charges. Résultat, les écoles sont restées paralysées ce lundi, aussi bien à Libreville que dans les établissements scolaires à l’intérieur du pays.

Dans les établissements secondaires de référence à Libreville, les salles de classes sont demeurées désespérément vides toute la matinée ; désertées progressivement par les élèves qui flânaient dans les cours et aux abords des écoles, comme c’est souvent le cas en pareilles circonstances.
« Jusqu’à 11 heures, aucun enseignant ne s’est présenté dans ma classe. Ceux des rares professeurs et surveillants qui étaient là nous ont demandé de rentrer et de rester à la maison jusqu’à nouvel ordre », a déclaré Epilogue F. élève en classe de terminale D au Lycée Nelson Mandéla.
« Ce qui est franchement embêtant, c’est que ça dure depuis plus d’une semaine sans un seul cours. Pour nous qui sommes en classe d’examen, le retard s’accumule sur les programmes. Il faut franchement que le gouvernement trouve des solutions aux problèmes des enseignants. Les mêmes problèmes de chaque année apparemment », a fulminé Loïc A. inscrit en terminale C au Lycée National Léon Mba.
Les réalités et le dépit sont quasiment les mêmes d’une école à une autre, d’un lycée à un autre, sillonnés en ce lundi, où le ton semble avoir été durci par les grévistes qui étaient en assemblée générale dimanche à l’Ecole Martine Oulabou, dans le 2ème arrondissement de Libreville.
« Chers collègues, les négociations en cours doivent se dérouler sous la pression. Si le gouvernement ne voulait pas qu’on arrive à la grève, il allait négocier lors du dépôt du préavis de grève de SOS Education. Là, la grève est déclenchée et elle est avant tout un rapport de forces. Plus nous nous mobilisons tous et nombreux au même moment, plus vite nous allons sortir vite et vainqueur de cette crise. Donc je vous invite tous à observer scrupuleusement et hermétiquement ce mouvement de grève, confirmée au cours de l’assemblée générale. N’ayez pas peur. Le droit de grève est un droit constitutionnel. Trop c’est trop », a lancé énergiquement Marcel Libama, un des puissants et charismatiques leaders syndicaux du secteur de l’éducation nationale, dans une vidéo devenue virale sur la toile.

Outre les primes de vacations, en cours de paiement, avec beaucoup de grincements, les enseignants en colère exigent surtout la régularisation des situations administratives avec effets financiers immédiats, l’amélioration des conditions de travail et l’affectation définitive des chefs d’établissements scolaires dont nombreux exercent en situation d’intérimaire.
Elliott Ana Merveille
