Janvier 2026 : pénurie de gaz, rareté de l’essence et de l’huile de cuisine

L’année 2026 démarre mal pour les Gabonais. Au-delà de la grève des enseignants, le quotidien du petit peuple devient un véritable parcours du combattant. Pénurie de gaz butane, rareté de l’essence dans les stations-services et disparition progressive de l’huile de cuisine dans les commerces : tout semble indiquer un pays au ralenti, voire à l’arrêt.

Le gaz butane, produit de première nécessité, se fait de plus en plus rare. Dans les quartiers populaires, les petits revendeurs ont depuis des mois abandonné ce commerce devenu impraticable. Désormais, seules les stations-services détiennent le précieux sésame et en fixent les règles du jeu.

Faute de personnel dédié à la vente de gaz, les consommateurs doivent patienter de longues heures lorsqu’un arrivage est annoncé. Dans Libreville et ses environs, le même refrain revient sans cesse : « Pas de gaz ». Pendant que la petite nomenklatura locale se déplace avec une bouteille de gaz dans le coffre de sa voiture, le petit peuple, lui, la transporte sur la tête ou à l’épaule, sous le soleil et l’indifférence générale.

Silence radio des autorités

Face à cette situation préoccupante, le gouvernement reste muet. La Société gabonaise d’entreposage des produits pétroliers (SGEPP) également. Aucun communiqué, aucune explication, aucune perspective. Comme si personne n’avait de comptes à rendre à la population. Une bien curieuse manière d’entrer dans la 5ᵉ République.

Un malheur ne venant jamais seul, l’essence joue elle aussi au yoyo. Dans certaines stations-services encore approvisionnées, des files d’attente se forment. La vente d’essence dans des bidons – pourtant dangereuse – a refait surface. Motif invoqué : des véhicules en panne sèche ne peuvent plus atteindre les pompes. Une situation pour le moins étrange dans un pays producteur de pétrole et de gaz.

Le cas préoccupant de l’huile de palme

Comme si cela ne suffisait pas, les ménages font face à une pénurie d’huile de palme, notamment de la marque locale Cuisin’or, très prisée des consommateurs. Les bidons de 5 litres ont disparu des étals. Seules quelques bouteilles d’un litre sont parfois disponibles, à des prix majorés.

Dans les quartiers, certains commerçants vendent l’huile « sous le manteau », choisissant leurs clients. Les vendeurs de beignets et de gâteaux farines, dépendants de ce produit, sont au bord du gouffre.

Là encore, le gouvernement reste sourd et muet. Pourtant, l’urgence est réelle. Le chef du gouvernement est attendu au tournant. Il lui revient de donner un coup de pied dans la fourmilière afin d’alléger, ne serait-ce qu’un peu, le quotidien déjà éprouvant des populations.

Camille Boussoughou

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